La ville d’El-Facher, au cœur du Darfour, est aujourd’hui le théâtre d’une terreur sans précédent. Les Forces de soutien rapide (FSR), milice paramilitaire soudanaise, y sèment la panique, ciblant les civils restés sur place et diffusant des vidéos d’exécutions atroces sur les réseaux sociaux. Parmi eux, un officier surnommé Abu Lulu, véritable symbole de brutalité, a horrifié le monde par ses actes et leur mise en scène.
Plusieurs vidéos circulant sur TikTok montrent Abu Lulu, général des FSR, abattant des civils à bout portant avec un large sourire, posant ensuite fièrement aux côtés des corps. Une séquence rapporte notamment qu’il insulte et menace un homme blessé avant de l’exécuter. Selon la BBC, ces images provenaient d’un profil suivi par plus de 220.000 personnes, désormais supprimé par la plateforme.
Suite aux massacres d’El-Facher, Abu Lulu et plusieurs autres officiers paramilitaires ont été arrêtés. Une vidéo récente montre le général détenu à la prison de Shala, près de la ville. Dans un aveu glaçant relayé par le journal allemand Bild, Abu Lulu se dit responsable de la mort de plus de 2.000 civils.
La guerre au Soudan a déjà provoqué des dizaines de milliers de morts et déplacé près de 12 millions de personnes, générant la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU. La situation reste dramatique dans la région du Kordofan-Nord, où 36.825 personnes ont fui cinq localités ces derniers jours. L’armée et les FSR s’y affrontent pour le contrôle d’El-Obeid, un centre stratégique reliant le Darfour à Khartoum.
Cependant, les habitants racontent une militarisation massive des villes et des routes. “ Nous avons cessé d’aller dans nos champs, de peur des affrontements ”, confie un habitant d’Oum Smeima. Les FSR continuent de revendiquer la prise de nouvelles localités comme Bara, renforçant un climat de peur et de chaos.
Martha Pobee, secrétaire générale adjointe de l’ONU pour l’Afrique, alerte sur de “vastes atrocités” et des représailles à motivation ethnique, rappelant les massacres, violences sexuelles et enlèvements commis par les FSR au Darfour.
Alors que le conflit s’enlise, les images de brutalité circulant sur les réseaux sociaux rappellent au monde l’urgence d’une intervention humanitaire et d’une réponse internationale ferme pour protéger les civils.
Israël Mpoyi

