La présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, a officiellement nommé, ce jeudi 13 novembre, Mwigulu Nchemba au poste de Premier ministre. Fidèle collaborateur de longue date, Nchemba succède à son prédécesseur à la suite du scrutin présidentiel du 29 octobre dernier, un vote qui a suscité de vives contestations.
Le Parlement tanzanien a rapidement validé cette nomination à une large majorité, entérinant ainsi la victoire annoncée de Samia Suluhu Hassan, réélue lors de cette élection. Ancien ministre des Finances et proche de l’ex-président John Magufuli, Mwigulu Nchemba a déclaré vouloir « travailler avec diligence » pour répondre aux attentes de l’exécutif et de la population.
Cependant, cette transition gouvernementale s’opère dans un climat tendu, marqué par des violences postélectorales. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), plusieurs centaines de personnes auraient été tuées lors des manifestations qui ont suivi le scrutin. Le principal parti d’opposition, Chadema, ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains, avancent un bilan encore plus lourd, évoquant plus de 1 000 morts imputés aux forces de sécurité. Le gouvernement tanzanien a rejeté ces chiffres, les qualifiant d’exagérés, sans toutefois publier de données officielles.
Depuis son accession au pouvoir en 2021, Samia Suluhu Hassan fait face à des critiques récurrentes sur la transparence de son gouvernement et le respect des droits humains. Elle continue néanmoins de défendre la régularité du processus électoral et affirme que son administration demeure résolue à garantir la stabilité et le développement économique du pays.
Cette nomination, sur fond de contestations et de violences, place Mwigulu Nchemba au centre d’un défi majeur, répondre aux aspirations démocratiques tout en restaurant la confiance au sein de la société tanzanienne.
Guelord Lubonzu

