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Justice

Cour Constitutionnelle et Assemblée nationale : la bataille s’annonce autour du cas Matata Ponyo

Assiste-t-on  à un bras de fer à l’horizon, autour du dossier Matata Ponyo, entre l’assemblée nationale et la Cour Constitutionnelle, deux institutions censées collaborer bonnement ?

Visiblement, la tension monte d’un cran entre la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale autour du cas Matata Ponyo.

L’ancien Premier ministre, aujourd’hui député national, vient de claquer la porte des audiences. Il ne mettra plus les pieds devant les juges tant que ses immunités parlementaires ne seront pas levées, conformément à la Constitution. Un geste fort, mais surtout une gifle institutionnelle qui annonce une crise de confiance entre deux piliers de l’État.

Ce bras de fer, loin d’être anodin, soulève une question de fond : la République démocratique du Congo respecte-t-elle réellement les règles qu’elle s’est elle-même données ? Car ici, ce n’est plus seulement le citoyen Matata Ponyo qui est concerné, mais le député national, investi d’un mandat populaire, protégé par la Constitution et par un règlement intérieur que certains semblent vouloir contourner.

Le lundi 21 Avril, cet ancien premier ministre Congolais sous le régime Kabila a adressé une correspondance à la Cour constitutionnelle, dans laquelle il rappelle qu’aucune levée de son immunité parlementaire n’a été actée pour que la cour le poursuive. Plus encore, il évoque la décision de la plénière du 17 avril 2025 qui a déclaré les poursuites engagées contre lui comme étant « inconstitutionnelles ». Une prise de position claire, portée par Vital Kamerhe lui-même, président de l’Assemblée nationale, qui attend toujours une motivation juridique officielle de la Cour avant d’envisager la suite.

En intervenant le 17 Avril au cours d’une plénière, Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée Nationale, a invité la Cour a adressé une correspondance aux députés. La cour devrait également motiver les raisons des poursuites contre Matata.

Le silence de la Cour constitutionnelle pourrait bien être perçu comme une forme de mépris envers l’Assemblée, ce qui ouvre la voie à un véritable conflit d’autorité.

Matata Ponyo avait souligné toujours le 17 Avril, qu’un juge à la Cour Constitutionnelle avait maintes fois rappelé que les immunités, il en existe pour les députés de la majorité et pour celles de l’opposition. De propos que les élus du peuple de toutes tendances n’avaient pas admis.

Et dans ce climat de suspicion croissante, l’opinion publique s’interroge : la justice cherche-t-elle à instrumentaliser le droit pour atteindre Matata Ponyo ? Ou assiste-t-on à une tentative de l’Assemblée nationale de protéger un des siens au mépris de la vérité judiciaire ?

Pendant ce temps, la machine judiciaire continue d’avancer. La prochaine audience est fixée au 23 avril, sans Matata, mais avec d’autres prévenus. Un procès sans principal accusé, mais avec un débat national qui enfle.

La République serait bien avisée d’éviter une guerre des institutions. Car si la légalité est bafouée d’un côté comme de l’autre, c’est l’État de droit qui en sortira affaibli.

Réveil Congo 

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