Vingt-trois personnes ont été condamnées, le lundi 6 octobre, à des peines de prison allant de cinq à vingt ans par le tribunal militaire de garnison de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, pour des faits de collusion avec les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
Ces personnes étaient poursuivies pour leur implication dans un mouvement insurrectionnel, des actes de terrorisme, une association de malfaiteurs et le financement du terrorisme. Selon le jugement, elles ont été reconnues coupables d’avoir soutenu ou facilité les activités de l’organisation ADF, notamment dans les territoires de Beni et Lubero (Nord-Kivu) ainsi qu’en Ituri, trois zones durement touchées par les violences armées ces dernières années.
Parmi les condamnés figure Judison Kasereka Katrisa, alias Kahu, désigné comme un ancien coopérateur logistique des ADF. Il a écopé de la peine la plus lourde, soit vingt ans de servitude pénale, pour avoir financé et soutenu logistiquement le groupe armé islamiste. Selon les éléments présentés au procès, Kahu avait déjà été arrêté en 2018 pour avoir mis en place un réseau de ravitaillement des ADF dans les villes de Butembo, Bunia et Beni. Libéré après cinq années de détention à Kinshasa, il aurait repris ses activités clandestines, cette fois à Tutu, où il gérait la logistique des rebelles.
Le tribunal a estimé que l’ensemble des prévenus avaient contribué, de manière active ou indirecte, aux opérations menées par les ADF contre les civils et les forces armées congolaises. Plusieurs d’entre eux auraient servi d’informateurs, de transporteurs ou de fournisseurs de vivres et de matériel pour le compte du groupe rebelle.
Les Forces démocratiques alliées (ADF), d’origine ougandaise mais actives principalement dans l’est de la RDC, sont désignées comme organisation terroriste par plusieurs pays et sont accusées de multiples exactions contre les populations civiles, notamment des massacres, enlèvements et attaques à la bombe.
Cette série de condamnations intervient dans un contexte de renforcement des poursuites judiciaires contre les soutiens locaux des groupes armés, alors que les autorités congolaises et les forces de sécurité tentent de démanteler les réseaux de collaboration qui alimentent l’instabilité dans la région.
Guelord Lubonzu

