La défense du lieutenant-général Philémon Yav Irung hausse le ton et dénonce avec insistance un dossier jugé « mal ficelé », près de quatre ans après la saisie de ses téléphones et son placement en détention. La Haute Cour militaire a récemment requis l’intervention du Conseil national de cyberdéfense (CNC), rattaché à la Présidence, pour analyser ces appareils dans l’espoir d’y trouver des éléments de preuve appuyant l’accusation de trahison. Pourtant, malgré ce long délai, aucun contenu concret ne semble confirmer les allégations de connivence entre l’officier congolais et certains responsables de l’armée rwandaise, notamment l’entourage du général James Kabarebe.
Pour Me Parfait Kanyanga, coordonnateur du collectif d’avocats de la défense (cité par Actualite.cd), cette situation illustre un dossier monté à la hâte, sans véritable socle probant. Il affirme que le ministère public a conservé les téléphones durant plusieurs années, avec un risque de manipulations, tout en reprochant à son client de n’avoir pas communiqué les codes d’accès.
L’avocat soutient au contraire que Yav avait déjà tenté de fournir ces codes lors d’une audience antérieure, alors que les appareils étaient déjà bloqués. La défense salue néanmoins la démarche de la Cour qui fait appel au CNC, tout en réclamant une contre-expertise indépendante afin de dissiper les zones d’ombre et sécuriser la recherche de la vérité.
Philémon Yav, ancien commandant de la troisième zone de défense couvrant le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema et la Tshopo, est poursuivi pour trahison depuis son arrestation en septembre 2022. Mais à ce stade des audiences, aucun message matériellement présenté ne vient corroborer la version de l’auditeur général, ce qui renforce l’argumentaire d’une défense déterminée à démontrer l’innocence de son client.

