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À vous la Parole

Ados Ndombasi dénonce les tares de l’opposition, de la majorité présidentielle et des élections du décembre 2023 !

Dans un entretien à bâtons rompus avec le Magazine Reveil-congo.net, le Député national honoraire Ados Ndombasi et Président du Regroupement politique « Alternative 2028 », a dénoncé des imperfections ayant caractérisé les élections générales de Décembre 2023, les qualifiant de « magouille électorale ». Il se félicite, par ailleurs, du fait qu’il soit le premier Député national à avoir déposé 10 propositions de lois dans l’histoire des législatures congolaises.  Ados Ndombasi, appelle, en outre, la jeunesse congolaise à rechercher des repères positifs, notamment dans les sciences plutôt que dans le monde musical. De tous les minerais que regorge la RDC, il se questionne « mais qu’est-ce qui manque à la RDC de commencer à fabriquer ses armes ? ».  Ados Ndombasi est revenu sur sa séparation avec Martin Fayulu qu’il inscrit sans nul doute dans le non-respect des textes de la part de cet opposant, doublement malheureux aux deux derniers cycles électoraux que la RD Congo a connus (2019 et 2023). « Je pense que j’ai l’habitude de le dire, s’il fallait quitter Fayulu à plusieurs reprises je l’aurais quitté et requitté encore parce que je pense que nous devons apprendre à respecter nos textes. Si nous ne respectons pas nos textes, qui sommes-nous malheureusement ? Donc c’est nous devons respecter nos textes », argue Ados Ndombasi. Ci-dessous, l’entretien recueilli par Aubin Kandembi.

Réveil Congo : Bonjour M. Ados Ndombasi. Vous avez été candidat aux élections de Décembre 2023, vous n’étiez pas élu. D’abord, quelques temps, après nous voulons avoir vos impressions : est-ce que vous êtes sous le choc ? Avez-vous été choqué de votre échec, c’est un échec ou bien comment faut-il le considérer ?

 Ados Ndombasi :  Bonjour, je pense que tout le monde et bien au courant qu’il y a eu une magouille électorale ce n’étaient pas des élections. C’était une magouille électorale organisée par Kadima…Donc, il a décidé de dire que notre regroupement l’Alliance des Congolais pour la refondation de la nation (ACRN) qui soutenait la candidature du Docteur Denis Mukwege n’avait pas atteint le seuil. Bref, nous avons été voté massivement par les habitants de la FUNA mais malheureusement Kadima a décidé autrement. Nous continuons le combat. Le combat politique, nous l’avons commencé depuis 1992, c’est le même combat que j’ai porté de 2019 à 2023. Aujourd’hui, je suis en dehors du palais du peuple mais cela ne m’empêche pas à continuer à me battre pour l’avenir de ce beau pays la RDC.

Réveil Congo  :  on vous a suivi pendant la campagne, vous êtes l’un des rares des députés ou bien des candidats députés qui avaient présenté au public, aux électeurs un arsenal de propositions de loi que vous comptiez lancer dès que vous aurez été élu. Aujourd’hui, qu’en est-il de toutes ces propositions de loi.

Ados Ndombasi : Vous devez savoir que depuis 2019, j’ai déposé 10 propositions de loi au niveau de l’Assemblée nationale. Ça n’a jamais été fait depuis le 17 juin 1960 date la première législature en République démocratique du Congo. Aucun Député n’a pu déposer dix propositions des lois parce que nous pensons que la politique c’est une affaire d’idées, c’est une affaire des réformes et nous avons proposé des réformes, des idées qui, malheureusement ne sont pas passées parce que j’étais soi-disant de l’opposition et c’est un peu triste mais voilà nous continuons et j’espère que ces lois qui sont aujourd’hui dans le pipeline de l’assemblée nationale, ils pourront avoir le courage de les ressusciter et de les faire valoir.

R.C : Pourquoi vous ne travaillez pas avec d’autres députés élus pour porter ces différentes propositions des lois ?

A.N. : Nous, on a on a aucun problème. Je vais vous dire une chose : j’ai pris mon téléphone il y a quelques mois, j’ai appelé le vice-premier ministre honoraire Peter Kazadi, je lui ai remis l’une de mes lois pour l’organisation du corps des sapeurs-pompiers. Je l’ai fait en tant que patriote. J’ai travaillé 3 ans sur cette loi. Au niveau de l’Assemblée nationale, Mboso a rejeté cette position d’opposant.  Je suis content d’apprendre aujourd’hui que l’ancien Premier ministre Sama Lukonde a signé 3 décrets pour organiser le corps des sapeurs-pompiers. Donc, grâce à la loi Ados Ndombasi, il y a aujourd’hui trois décrets pour organiser le corps de sapeurs-pompiers. Donc voilà, je continue mon combat, nous continuons notre combat. J’en ai 9, j’ai une loi importante aussi sur les soins pré-hospitaliers, soins d’urgence que j’ai confié au ministre Roger Kamba, j’ai donné ça pour qu’on essaie de voir comment organiser les urgences en République démocratique du Congo, comment est-ce qu’on peut organiser un service d’ambulancier dans ce pays.

R.C. Donc, aujourd’hui vous êtes fier, même en étant en dehors du parlement, le gouvernement reconnaît les efforts déployés par un opposant au régime Tshisekedi.

A.N. : Je suis opposant et voilà, nous espérons gérer ce pays un jour et c’est pour cela que nous avons créé la plateforme « alternative 2028 ».

Alternative 2028 c’est une plateforme qui vient combler le vide qui s’est installé aujourd’hui au niveau de l’opposition. Nous venons combler un vide mais nous voulons aussi apporter un changement. Il faudra mettre dehors toute cette classe politique, majorité comme opposition, elle ne reflète pas la grandeur de ce grand Congo.

Vous avez une majorité, une opposition qui se lance des injures, des quolibets pendant que le pays est en train de souffrir.

Nous, Alternatif 2028 , ce que nous amenons c’est d’un projet de société, nous venons valoriser un projet de société au lieu de valoriser des individus comme ça se passe dans les partis politiques où il n’y a que louange, fanatisme, « djalélisme » les mêmes tares que nous retrouvons aujourd’hui dans la majorité ce sont les mêmes tares que nous retrouvons dans l’opposition : le tribalisme il est présent dans la majorité présidentielle mais ce même tribalisme vous le trouvez aussi dans l’opposition. Le « djalélisme », il est aujourd’hui dans la majorité où vous avez aujourd’hui ce qu’on appelle dans la majorité un « fatsh béton », « mukwatombolo » mais quand vous allez aussi au niveau de l’opposition vous allez voir que certains on les appelle « chairman », d’autres on les appelle « commandant du peuple », « hugué », « Haut commandant du peuple », non, nous disons ceci : il faut une génération qui soit décomplexée. Nous devons mettre dehors tous ces fanatiques, ces « djalelistes Ils ont été incapables 64 ans durant, de nous donner même un permis de conduire, incapable de nous donner des cartes d’identité, incapables de nourrir le congolais à sa faim. 27 millions de congolais en insécurité alimentaire aujourd’hui, 10 à 13 millions d’enfants qui souffrent de malnutrition et vous voulez continuer avec cette même classe politique. Non, nous disons non, trop c’est trop ; nous devons maintenant avancer.

R.C. : Une large opinion soutient que votre échec résulte de votre séparation avec Martin Fayulu

A.N. : Pas du tout pas du tout. Je pense que j’ai l’habitude de le dire, s’il fallait quitter Fayulu à plusieurs reprises je l’aurais quitté et requitté encore parce que je pense que nous devons apprendre à respecter nos textes. Si nous ne respectons pas nos textes, qui sommes-nous malheureusement ? Donc c’est nous devons respecter nos textes. Le congrès du parti a décidé que nous allons aux élections, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, vous prenez la décision vous seul, en tant qu’un individu de dire que non, on ne va plus aux élections. C’est un gros souci. Donc, je le redis encore, j’ai pris cette décision-là, en âme et conscience s’il fallait le quitter ou le requitter je le requitterais encore une fois de plus.

R.C : Quelle est votre analyse de la situation politique, sécuritaire et sociale de la RD Congo ?

A.N. : La situation est catastrophique à tous les niveaux. En fait, j’ai l’impression que ce pays n’existe même plus.

Je sais que dernièrement on vient de faire des malheurs à Monsieur Koffi Olomidé mais qu’est-ce qu’il a dit de nouveau ?

Le congolais sait très bien qu’aujourd’hui nous sommes menacés par le Rwanda. C’est une réalité. Nous sommes menacés, nous n’arrivons pas à réagir. C’est comme si on était bloqués quelque part. Il n’y a pas  très longtemps on vient d’apprendre encore que nous avons eu un embargo oui mais après… c’est pour ça que nous alternative 2028 nous allons investir dans l’éducation mais aussi dans la science.

Vous avez tous les grands minerais l’uranium vous l’avez, vous avez le cuivre, le cobalt, tout, le zinc dans ce pays mais qu’est-ce qui manque à la RDC de commencer à fabriquer ses armes ?  

Donc ce que nous voulons nous alternative 2028 c’est apporter de la grandeur comme indiqué dans notre hymne « nous peuplerons ton sol et nous assurerons ta grandeur » et comment assurer la grandeur ? par le labeur par le travail. Par le labeur, nous bâtirons un pays plus beau qu’avant. Aujourd’hui, nous sommes incapables de manger à notre faim. 64 ans après l’indépendance nous n’avons pas d’eau, pas d’électricité, seule 25% de la population congolaise a de l’eau à boire, seul 8% des congolais ont de l’électricité et nous trouvons ça normal 64 ans après ? Non, nous devons apporter de la grandeur à ce pays.

R.C : Votre message à la jeunesse congolaise

A.N. : Malheureusement notre jeunesse a un problème de repères. Il nous faut des repères dans ce pays et c’est pour ça que nous avons décidé de travailler pour devenir des repères pour notre génération. Vous allez voir nous sommes une génération qui prend pour repère certains musiciens.

Des musiciens sont devenus des repères au lieu que ce soient des hommes de sciences.

En fait le pays est « ndombolisé » comme a l’habitude de dire souvent Jean Goubald. Donc, je pense qu’aujourd’hui nous devons construire une nouvelle génération peut-être que ce tard pour nous, mais il faut peut-être sauver ou baliser le chemin pour nos enfants, pour nos petits enfants qui doivent hériter d’un meilleur CONGO  que le nôtre.

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