Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un pasteur congolais a suscité l’indignation des internautes en rejetant une offrande de 2.000 FC et en humiliant publiquement la fidèle qui l’avait présentée lors d’un culte.
D’après les images, le pasteur aurait non seulement refusé l’offrande de la femme, mais aurait également refusé de prier pour elle, concluant que la somme était trop modeste pour mériter l’attention divine. Cette attitude a été vivement condamnée par de nombreux internautes, qui ont dénoncé le comportement égoïste et mercantile de certains pasteurs en République Démocratique du Congo (RDC).
Le pasteur qui s’exprimait dans un dialecte congolais, avait l’air très sérieux en s’adressant à une jeune femme d’une trentaine d’années : « Tu m’apportes 2000 francs. En plus c’est en francs congolais. Moi je ne suis pas pauvre. Des offrandes pareilles, il faut donner aux pasteurs pauvres ». Comme si cela ne lui suffisait, alors que la jeune fille très déçue regagnait sa place, il va insister pour la deuxième fois : « des offrandes comme ça, va les donner aux pasteurs pauvres ».
Et de poursuivre : « ma sœur, tu n’as pas un billet de gloire », faisant allusion à un gros billet en dollars. Et conséquence, « ma sœur, je ne peux pas prophétiser sur toi. Nous voulons prier, est-ce que l’Eglise est prête. Ma sœur, moi j’aime des billets de gloire. De telles sommes, ça ne passent pas en tous cas. Donnes ça aux autres serviteurs qui sont ici, ils vont prier pour toi ».
Humiliée, la sœur est restée sur place pendant que ce pasteur avait entonné un cantique. Au final, la sœur va regagner sa place.
D’après les informations parvenues au Magazine Reveil-congo.net, ce prophète s’appelle Mulumba Kazongo. Il est responsable de l’Assemblée Charismatique la Gloire située à Kinshasa.
Ce triste incident met en lumière une pratique préoccupante qui sévit dans certaines églises en RDC et surtout, à Kinshasa, où la majorité de pasteurs se livrent à une quête incessante d’offrandes, au détriment du bien-être financier de leurs fidèles. Surtout pendant les cultes de dimanche, les fidèles se voient dépouiller de leurs économies par des demandes excessives d’argent
Par contre, ces dérives ne sont comptabilisées dans les églises catholiques romaines qui optent plutôt pour une approche plus modérée et désintéressée dans la collecte des offrandes. Cette distinction souligne la nécessité d’une réflexion profonde sur la place de l’argent dans la pratique religieuse, et rappelle que la prière ne devrait jamais être commercialisée, en accord avec les enseignements des écritures saintes.
Toujours dans certaines églises du Réveil au Congo Kinshasa, on remarque une montée en puissance d’une catégorie d’hommes de Dieu se réclamant des « prophètes authentiques » et qui «font passer les fidèles dans la consultation prophétique moyennant une somme bien déterminée ». Comme pour dire, là-bas, les pauvres n’ont pas leur place.
En attendant, cet incident soulève des questions importantes sur la responsabilité des leaders religieux et la protection des fidèles contre l’exploitation financière au nom de la foi. Les autorités ecclésiastiques et les organismes de régulation doivent prendre des mesures fermes pour mettre fin à de telles pratiques et garantir que les lieux de culte restent des sanctuaires de foi et d’intégrité.
Entorse à la Bible
L’attitude de ce pasteur est une entorse à la parole de Dieu. Premièrement, les écritures saintes renseignent que « chacun donne comme il a résolu ».
« …Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment. Que chacun donne comme il l’a résolu en son coeur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie. Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne oeuvre,… », lit-on dans 2 Corinthiens 9, 6-8.
La version Louis Segond renchérit au 9ème chapitre que « selon qu’il est écrit: Il a fait des largesses, il a donné aux indigents; Sa justice subsiste à jamais ». Dans ce verset on peut donc comprendre que ce soit le riche et le pauvre, c’est Dieu donne à chacun selon qu’il le juge.
Deuxièmement, le comportement de ce pasteur est à l’encontre de la parabole de la pauvre veuve qui avait donné deux petites pièces. Le récit raconté dans Marc 12, 41 à 44ème verset : « 41Jésus, s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. 42Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou. 43Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc; 44car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre ».
Propositions du Magazine Reveil-congo.net
Réveil Congo, en tant que magazine prônant le changement profond en RDC, invite le gouvernement congolais à jeter un coup d’œil attentif sur cette affaire et à réglementer ce secteur crucial si possible. Les Députés nationaux peuvent réfléchir aux lois de règlementation du secteur religieux en vue de prévenir des préjudices. Ils peuvent, par exemple, obliger aux pasteurs d’avoir une occupation professionnelle en lieu et place de passer tout son temps à l’église. Dieu lui-même est un grand bosseur. Ces pasteurs peuvent s’inspirer de la manière dont Dieu fonctionne et observer combien de dossiers il traite tous les jours.
À défaut d’une intervention gouvernementale, la fondation Sémons La Miséricorde, par le biais de sa branche Réveil Congo, appelle le présidium de l’Église du Réveil du Congo à prendre des mesures coercitives contre tous les pasteurs qui abusent de la bonne foi des fidèles pour leur soutirer de l’argent.
D’où, l’opportunité de mettre en place, un « Office de Surveillance de l’Éthique et de la Déontologie Pastorale ». (Quant aux détails, le Magazine Réveil Congo peut le soumettre au comité directeur de l’ERC).
Une fois opérationnelle, une telle structure pourrait sensiblement réduire le taux d’abus dans les églises, car ces pasteurs indélicats ne se considéreront plus comme « intouchables », en dépit du fait que la plupart d’entre eux sont fondateurs de leurs réunions des prières. .
Cette commission aura pour mission de mettre en place des mécanismes rigoureux visant à démasquer et à éradiquer les faux pasteurs qui abusent de la foi de leurs fidèles pour leur extorquer de l’argent.
Aubin Kandembi

