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Pépinière des Élites du Congo

RDC : “Pourquoi les fonctionnaires de l’État n’arrivent pas à épargner? “ Démonstration par Bénédicte Ngalula

Dans le cadre de notre programme “La Pépinière des Élites du Congo”, la Rédaction vous propose le deuxième texte de Mme Bénédicte Ngalula Bantu (une étudiante congolaise en économie), qui a effectué une recherche d’apprentissage auprès des familles des agents de service public de l’État pour s’enquérir de l’impact de la dépréciation de franc congolais au sein de leur ménage. Le texte n’a entièrement pas été retouché par la rédaction. Sur ce, nous vous prions de faire preuve de tolérance en le lisant car, c’est un exercice d’apprentissage visant à soutenir les élites congolaises de demain à observer leur environnement, à analyser des faits et à proposer des solutions. “La Pépinière des Élites du Congo” est dédiée à tous les élèves et étudiants désireux de rejoindre notre plateforme. Vous pouvez lire plus de renseignements à la fin du texte ci-dessous :

LES CONSÉQUENCES DE LA DÉPRÉCIATION MONÉTAIRE SUR LE PANIER MÉNAGÉ DES FONCTIONNAIRES DE L’ÉTAT 

Je viens parler de la dépréciation de la monnaie congolaise face au dollar américain et de ses répercussions sur le pouvoir d’achat des agents et fonctionnaires de l’État. Nous constatons que dans notre pays, notamment dans notre province du Kasaï central, le franc congolais ne cesse de perdre de sa valeur par rapport au dollar américain, ce qui a des conséquences néfastes sur le budget des ménages des fonctionnaires de l’État. Chaque jour qui passe, le taux de change ne fait qu’augmenter. Comment voulez-vous qu’un fonctionnaire puisse s’épanouir si le taux de change ne cesse d’augmenter ? Après avoir effectué une descente sur le terrain, nous constatons que les fonctionnaires de l’État ont du mal à joindre les deux bouts à cause des fluctuations du taux de change sur le marché, alors que leur salaire ne suit pas ces variations quotidiennes.

Voici une étude réalisée sur quelques familles de fonctionnaires et d’agents de l’État, don’t la composition comprend au moins sept (7) personnes : le père, la mère et les cinq (5) enfants. Les chefs de ces familles touchent mensuellement 180$ au taux de change de 2000fc, ce qui équivaut à 360000fc, alors que le taux de change actuel est de 2800fc. Voici comment se présente leur budget mensuel : ils louent une maison à 60$, soit 168000fc par mois au taux de change actuel.

Pour les besoins en eau et en nourriture, ils dépensent au moins 5000fc par mois, soit 150000fc. Il leur reste donc seulement 42000fc en espèces de leur salaire, sans même prendre en compte les frais de scolarité de leurs enfants. En effet, deux des enfants sont à l’université et les trois autres sont aux humanités. Les frais de scolarité pour les trois enfants aux humanités sont de 30000fc chacun, tandis que les deux enfants à l’université paient 150$ chacun au taux de change actuel. Il est difficile de voir comment un tel père pourrait subvenir correctement aux besoins de sa famille et assumer les frais de scolarité de ses enfants dans ces conditions.

Et comme si cela ne suffisait pas, tout est fixé en devises en fonction du taux de change quotidien, mais le taux de change à la banque pour leurs paiements ne suit pas cette augmentation. Nous savons tous que lorsque les dépenses augmentent, il est nécessaire d’augmenter également les revenus pour maintenir l’équilibre.

Comme il est impossible pour eux de le faire, voici quelques conséquences : sur le plan social et intellectuel, nous observons une augmentation du nombre d’analphabètes et d’enfants dans la rue, occupés à des travaux qui ne correspondent ni à leur âge ni à leur niveau, ainsi que des mariages précoces pour les jeunes filles… Sur le plan sanitaire, nous constatons une augmentation des cas de malnutrition..

Tout cela survient parce que les parents ne parviennent pas à maintenir l’équilibre entre les dépenses et les revenus en raison des fluctuations du taux de change sur le marché. Si un parent fait de son mieux pour subvenir aux besoins de sa famille, il doit réduire son pouvoir d’achat d’au moins 1,2$ par jour, ce qui est toujours insuffisant. En effet, 1,2$ équivaut à 3350fc, une somme vraiment insuffisante pour nourrir une famille de 7 personnes.

Mes chers monsieur la question que je vous pose est de savoir d’où proviendra l’argent pour la scolarité et les soins médicaux de ses enfants ?? Si ce n’est que par l’endettement. Comment voulez vous qu’un pays se stabilise au niveau national si sa population n’est pas stabilisée au niveau provincial, car une famille est la cellule de base dans un pays. ? Comment pouvez vous expliquer qu’un fonctionnaire qui touche 180$ au taux de 2000fc arriver à prendre soin de sa famille correctement, payer la scolarité de ses enfants? Après avoir énumérer quelques de ses dépenses pour les besoins physiologiques, si le taux n’est fait qu’augmenter de jour en jour alors que le salaire n’augmente pas. Je ne parle pas de l’augmentation du salaire proprement dit mais je parle du respect de taux d’échange sur le marché par la banque. Car si nous prenons 180$ au taux de 2000fc c’est à dire qu’il touche 360000fc mais si nous considérons le taux du jour qui est de 2800 donc il devrait toucher 504000fc, à votre avis il perd combien ?

C’est pourquoi les fonctionnaires de l’État n’arrivent pas à épargner, n’arrivent pas à mettre leur famille dans les meilleures conditions possibles, si ce n’est que par l’endettement mais nous savons tous que l’endettement donne lieu à un remboursement avec l’intérêt dans un bref délai. Mais d’où proviendra l’argent pour le remboursement ? Mes chers messieurs un tel homme avance ou il tourne en rond ???

Pour remédier à ce problème la banque centrale doit réduire la masse monétaire qu’elle lance sur le marché et doit rechercher plus de devis, et pour finir si le taux d’échange augmente alors les salaires de fonctionnaires doit aussi augmenter en fonction de taux du jour. De cette façon notre monnaie aura aussi de la valeur et le pagnier ménagé des fonctionnaires et agents de l’État se stabilisera, parce que nous savons tous bien qu’un pays qui vis que par l’endettement ne peut jamais exceller cela s’applique aussi pour les familles car on dit toujours que le changement et l’évolution commence par une personne ou par une famille, donc si une famille est bien alors tout le pays est bien.

L’Etat doit valoriser notre monnaie en s’imposant aux marchés dollarisés car plus on valorise le dollar plus notre monnaie perd sa valeur et cela a des répercussions sur le pagnier de la ménagère des fonctionnaires de l’État. Donc si le salaire est fixé en devise la banque est obligé de respecter le taux du jour pour les payer. Merci !!!!

Fait à Kananga, le 14 avril 2024

Bénédicte NGALULA BANTU

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