« Vulgarisation et partage des avantages des technologies, mise en place d’un cadre réglementaire, amélioration de l’infrastructure et des services ; équipement des ministères et secteurs, partenariats Public-Privé, investissement dans les zones rurales, formation et développement des compétences, utilisation de technologies avancées, adoption de technologies comme la 5G et l’intelligence artificielle pour moderniser les infrastructures et les services publics, utilisation de financements et de projets internationaux, comme ceux de la Banque mondiale, pour soutenir la numérisation, intégration du numérique dans les infrastructures publiques et les systèmes éducatifs, soutien aux entrepreneurs locaux pour développer des solutions technologiques adaptées aux besoins du pays, création de centres d’innovation et de hubs technologiques pour fédérer les jeunes innovateurs, éducation au numérique », telles sont quelques-unes des recommandations couchées en termes de solutions aux problématiques de la transformation numérique et technologique du secteur public congolais. Ces recommandations émanent d’une gamme de panélistes de haute pointure qui se sont succédé à l’estrade de la fascinante salle de conférence du Centre Financier de Kinshasa.
En effet, la Ville-province de Kinshasa a vibré, Jeudi 20 Juin 2024, au Centre Financier de la Gombe, au rythme de la 2ème édition d’Africa Tech Invest, un rendez-vous annuel majeur rassemblant experts, leaders d’opinion, décideurs politiques, start-uppers, chefs d’entreprises publiques et privées ainsi que des représentants d’organismes internationaux. L’objectif : trouver des solutions technologiques aux multiples défis empêchant le plein épanouissement des Congolais et le développement global du pays, dans les domaines des TIC, de l’économie, du social, de l’environnement et de l’éducation.
La conférence de cette année a mis l’accent sur la résolution des problématiques technologiques du secteur public, le capital-investissement et la sécurité dans la transformation numérique en République Démocratique du Congo (RDC).
La richesse des interventions lors de cette deuxième édition s’est manifestée à travers sept (7) panels dédiés à une variété de thématiques spécifiques, telles que les télécoms, la fintech, la Green Tech, les énergies renouvelables, la cybersécurité, les smart grids, la cyber-résilience, le lithium, la cyberdéfense, le cloud, l’intelligence artificielle, le machine learning, la traçabilité des minerais, les technologies innovantes, modernes et sécurisées, les applications intelligentes, la blockchain, la digitalisation et les data centers.
Thématiques riches
Les panélistes provenant de divers secteurs, sous la modération d’experts, ont discuté autour de thématiques variées en partageant leurs expériences et leurs recherches. À la fin de chaque présentation, les participants, composés principalement d’entrepreneurs seniors et de jeunes start-uppers, ont échangé avec les intervenants par le biais des questions-réponses.
La plénière inaugurale de la deuxième édition a mis en lumière l’importance de la collaboration entre le secteur public et privé pour la numérisation du secteur public. Les discussions ont porté sur les défis et les opportunités liés à la numérisation des services publics, ainsi que sur l’efficacité accrue grâce à la technologie et l’importance cruciale de la collaboration public-privé pour une transformation numérique réussie. Cette plénière était composée de : M. Damien MAMA (Directeur pays PNUD RDC) ; Dominique MIGISHA (Coordonnateur ADN) ; Luc MISSIDI MBAZI (Conseiller NTIC, primature de la République du Congo) ; Mohamed ALI JEBIRA (Associé Advisory Deloitte) et de M.BOWEN ZHANG (DGA, Huawei RDC).
Le premier panel, sur le thème « Connecter l’Afrique : libérer le potentiel du secteur de télécommunication pour la transformation numérique », a exploré comment ce secteur peut catalyser la transformation numérique en Afrique, en mettant en avant les rôles des régulateurs, des opérateurs de réseau et des fournisseurs de services.
Le deuxième panel a mis en avant les possibilités offertes par les outils numériques pour la protection de l’environnement et la conservation des ressources naturelles, sous le thème « Protéger notre environnement naturel ; explorer les opportunités de conservation des outils numériques ».
Le troisième panel a examiné l’application de la technologie dans les secteurs des mines et de l’énergie pour promouvoir des solutions durables, tandis que le quatrième s’est concentré sur l’impact et les implications éthiques de l’intelligence artificielle dans divers secteurs.
Le cinquième panel a abordé les enjeux de la souveraineté des données et la sécurité des data centers dans le cadre de la digitalisation des services de l’État.
Le sixième panel, sur « Le rôle du capital investissement dans le développement du numérique et des nouvelles technologies en RDC », a discuté de l’importance du capital-investissement pour soutenir le développement des technologies en RDC.
Enfin, le dernier panel a été consacré à « FINTECH : Transformer les services financiers par l’innovation et l’inclusion ».
Perspectives
Au-delà des discussions, les entreprises privées et publiques représentées à cette 2ème édition se sont engagées à opérer des changements profonds en interne pour répondre efficacement aux besoins des consommateurs. Elles ont aussi fait savoir leurs préoccupations majeures.
Par exemple, lors du premier panel, les représentants des géants des télécommunications comme Vodacom RDC et Orange ont plaidé pour le développement des infrastructures de télécommunication afin de faciliter l’accès à internet et aux technologies numériques. Ils ont également souligné la nécessité d’augmenter la pénétration d’internet en améliorant l’accès et en rendant les services plus abordables. M. Kale Kalemba, Directeur de la régulation chez Vodacom RDC, a également exhorté les autorités à envisager une réglementation favorable aux solutions numériques abordables. En outre, Vodacom Congo a fait face à plusieurs défis tels que le manque d’infrastructures routières, le manque de moyens logistiques et un déficit énergétique dans les milieux ruraux.
Le panel 5, traitant de « la souveraineté des données dans l’ère de la digitalisation des services de l’État : évaluer la sûreté des data centers », a recommandé le développement des modèles innovants adaptés aux conditions locales en RDC pour sécuriser les données.
Pour sa part, Lydie Omanga, Vice-Présidente de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPTC), a souligné l’importance de la collaboration entre les différents acteurs pour améliorer les services numériques destinés aux consommateurs :
« L’ARPTC accompagne toutes les initiatives visant à développer l’écosystème numérique en RDC. Nous avons réfléchi aujourd’hui à comment connecter l’Afrique pour libérer le potentiel des télécommunications et parvenir à une transformation numérique. En tant que régulateur, nous ne sommes pas uniquement des censeurs ; nous devons écouter et accompagner toutes les parties prenantes. Nous avons un rôle essentiel à jouer pour veiller aux intérêts de l’État tout en garantissant que les entreprises privées œuvrant dans le secteur numérique soient rentables et que la qualité des services proposés aux consommateurs soit optimale. »

D’autres perspectives envisagées incluent l’investissement dans les infrastructures, la collaboration entre opérateurs et régulateurs, les innovations technologiques adaptées, les politiques fiscales incitatives et l’utilisation stratégique des fonds pour le développement des services universels.
Cette deuxième édition d’Africa Tech Invest 2024 a été inaugurée par Augustin Kibassa Maliba, Ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PTNTIC). Selon le Ministre Kibassa, cette initiative vise à façonner l’avenir des services publics grâce à une utilisation responsable de la technologie et de l’innovation.
Vodacom Congo : plus qu’une entreprise de télécommunication
Reconnue comme Leader de l’innovation technologique en République Démocratique du Congo (RDC), notamment avec des services tels que M-pesa, l’entreprise de télécommunications Vodacom RDC a mis en avant les défis auxquels elle est confrontée et a appelé à un soutien accru des autorités congolaises en matière de réglementation.
Lors de cet événement annuel incontournable du secteur numérique, Vodacom Congo était représentée par son Directeur de régulation, Kale Kalemba. Ce dernier a souligné l’importance d’un cadre réglementaire adapté pour soutenir les initiatives technologiques et logistiques de l’entreprise.
« Nous faisons face à des défis logistiques, ce qui reflète un manque de soutien de la part des autorités. Nous proposons des solutions innovantes, mais nous sommes confrontés à des réglementations sur les panneaux solaires, les batteries et les convertisseurs, rendant même les solutions à coût réduit plus chères. C’est un plaidoyer que nous adressons aux autorités du pays pour que nous ayons une vision commune sur le développement du secteur numérique en RDC. La pénétration du groupe est d’environ 60%, celle de l’Internet de 32%, et la monnaie électronique atteint 23%. Ces chiffres montrent une croissance, mais il est crucial de lever des fonds. Le cadre réglementaire est essentiel pour nous », a déclaré Kale Kalemba.
En évoquant les solutions déjà mises en œuvre par Vodacom Congo, Kale Kalemba a précisé que celles-ci visent à faciliter la vie des abonnés à l’ère du numérique. « À travers différents services, tels que M-pesa, notre monnaie électronique, nous levons des barrières numériques et réduisons la fracture numérique. Ces services améliorent la pénétration et la transformation digitale. Nous avons également des solutions pour apporter une couverture dans les zones où l’énergie fait défaut. En tant que partenaire du Gouvernement, nous œuvrons à maximiser les recettes de l’État via M-pesa. Nous intervenons aussi dans l’éducation avec notre programme VodaEduc, qui permet aux élèves de la RDC d’accéder gratuitement à des contenus éducatifs, et dans le renforcement des capacités de nos partenaires grâce à notre expertise. Nous sommes aujourd’hui l’opérateur couvrant la plus grande partie de la République Démocratique du Congo », a-t-il ajouté.
Concours
À la clôture de cette édition, un concours a été organisé pour trois start-ups, remporté par Monsieur Michael Miema avec son innovation « Arnolin », un robot facilitant l’orientation scolaire des élèves. Cette initiative vise à aider les parents dans le choix de l’orientation scolaire de leurs enfants.
D’après Michael Miema, « Arnolin est le premier robot d’éducation adaptatif doté d’une intelligence artificielle en RDC, est une solution innovante pour améliorer l’apprentissage des élèves. Il a eté developpé par une équipe d’ingenieurs dans le cadre du concours Orange summer challenge (OSC 2023) dont la thématique est : L’intelligence artificielle et l’internet des objets : un duo gagnant pour affronter les enjeux de demain ».
Quant à la spécificité de ce robot, il a soutenu que c’est une solution adaptative aux bésoins individuels des élèves, une solution qui aide a surmonter les difficultés d’apprentissage, une solution qui renforce les points forts des élèves et une solution axée aussi sur les passions et hobbies des élèves ».
Et d’enrichir : Arnolin est une solution innovante pour améliorer l’apprentissage des élèves en RDC.Il a le potentiel de révolutionner l’éducation dans le pays en rendant l’éducation plus flexible et efficiente selon le profil d’intelligence de chaque élève.
Satisfecit : Me Benjamin Kabuete félicite les organisateurs
Me Benjamin Kabuete a félicité les organisateurs tout en soulignant qu’Africa Tech Invest, se positionne comme une plateforme incontournable dans les réponses aux problèmes technologiques, de l’innovation, de la cybersécurité et de la fintech en République Démocratique du Congo. L’objectif principal de cette conférence était de créer un espace d’échange entre les secteurs public et privé pour aborder les nouveaux défis technologiques. Un pari gagné pour les organisateurs à tous points de vue.
Fondateur d’Immersion Plus, une entreprise de droit congolais, il a fait un déployer en faveur des jeunes entrepreneurs congolais: « Nous voulons envoyer un message fort au secteur privé et aux autorités publiques : il est essentiel de donner une chance aux entrepreneurs congolais, de proposer des solutions aux problèmes locaux. Aujourd’hui, les entreprises se tournent souvent vers l’étranger pour leurs besoins technologiques, alors que nous disposons ici même d’une main-d’œuvre qualifiée capable de fournir des solutions innovantes et sécurisées », a-t- il éclairé.
Aubin Kandemibi

