L’ancien ministre du Développement rural, François Rubota, a réagi à la signature de l’Accord de Washington entre la RDC et le Rwanda, saluant un « acte de courage, d’engagement et de détermination » du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour mettre fin à la guerre dans l’Est du pays et favoriser le bon voisinage.
Pour Rubota, cet accord, conclu sans échanges de sourires ni poignées de mains, constitue « une étape importante mais insuffisante ». Selon lui, sa réussite dépendra largement de la volonté politique dans la région, dans un contexte où « la confiance reste fragilisée » et où « les intérêts en jeu sont nombreux et parfois divergents ».
Le ministre honoraire François Rubota n’écarte pas l’idée que la pression américaine, y compris les ambitions de Donald Trump en quête du prix Nobel de la paix, pourrait accélérer le processus.
Malgré ce contexte encourageant, François Rubota exprime une inquiétude profonde : « Je crains que l’étape suivante ne prenne beaucoup trop de temps, au détriment du peuple congolais qui souffre depuis plus de 30 ans. » Ainsi, il évoque la situation dramatique des populations du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, « en errance », notamment à Kaziba, Kamanyola, Katogota, Luvungi, ainsi que dans les moyens et hauts plateaux de la plaine de la Ruzizi, où femmes et enfants fuient toujours les violences.
François Rubota appelle également à une tripartite urgente entre les Nations unies (HCR), le Rwanda et la RDC pour traiter la question sensible des FDLR, évoquée depuis 1994 comme l’une des justifications sécuritaires de Kigali.
« Où sont-ils, combien sont-ils, et que faire pour régler définitivement ce problème ? », interroge-t-il, plaidant pour une mobilisation internationale et une prise de conscience collective de la gravité de la situation. Pour lui, la signature de l’accord ouvre une porte, mais « des efforts importants restent à fournir » pour qu’une paix durable devienne enfin réalité dans l’Est de la RDC.
AKAMUS

