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Constant Mutamba brise le silence : sa 2ᵉ lettre dénonce un système mafieux et appelle à la conscience nationale

La rédaction de Réveil Congo vous propose ci-dessous la deuxième lettre de Constant Mutamba, (transcription)  rendue publique à l’occasion de 145 jours de sa détention. Depuis sa cellule, l’ancien ministre d’État en charge de la Justice se présente comme une victime d’un système qu’il qualifie de mafieux, dénonçant son arrestation et sa condamnation qu’il juge arbitraires.

Dans ce message adressé aux peuples congolais et africains, il remercie ses soutiens, évoque la portée internationale de son combat et réaffirme son engagement patriotique face à l’agression rwandaise à l’Est de la RDC. Constant Mutamba y livre également sa position sur le dialogue national inclusif annoncé par le Chef de l’État, qu’il soutient sous certaines conditions, notamment la décrispation politique, la libération des opposants non armés et des garanties de sincérité.

Il rejette toute logique de partage de pouvoir ou de légitimation des groupes armés, tout en plaidant pour une lutte politique pacifique, fondée sur la justice, la liberté, la paix et la stabilité comme socles du développement durable.

LA DEUXIEME LETTRE DE CONSTANT MUTAMBA DU 05 FEVRIER 2026

Kinshasa, le 5 fév. 2026

Aux peuples congolais, peuples d’Afrique

De ma détention où je me trouve, je vous réitère mes salutations fraternelles et mes vœux les meilleurs pour l’année 2026 qui commence.

154 jours déjà, depuis que je suis privé de ma liberté pour avoir dit NON au système mafieux et à l’agression rwandaise dont notre pays, la RDC, est victime.

Je ne vous remercierai jamais assez pour vos nombreux  soutiens constants et permanents, malgré les intimidations, menaces, achats de conscience, manipulations dont vous êtes souvent l’objet.

Fière chandelle à cette icône mondiale du reggae et grand panafricain, TIKEN JAH FAKOLY, qui nous a tous agréablement surpris par son chef-d’œuvre « MUTAMBA, tu nous rappelles LUMUMBA ».

Preuve que notre lutte noble vient de traverser les frontières, les peuples, les cultures, les religions… et que nous n’avons pas le droit de l’abandonner, ni de la trahir jusqu’au triomphe de la justice, de la liberté et de l’égalité.

Je vous adresse aujourd’hui ces mots pour vous donner ma position sur le dialogue national et inclusif annoncé par le Chef de l’État.

En effet, j’encourage cette initiative républicaine qui, si elle est sincère, peut aider à recréer la cohésion nationale en cette période charnière de notre histoire existentielle, où notre pays, la RDC, fait face à la guerre d’agression rwandaise et d’occupation étrangère dans sa partie Est.

Cependant, en attendant la publication de la feuille de route, de la liste de médiateurs et du format dudit dialogue, l’opposition républicaine congolaise dont je suis le chef de file pose les préalables suivants :

  1. Des mesures sérieuses de décrispation politique doivent être prises en faveur des opposants et leaders d’opinion non armés, victimes des arrestations arbitraires, des condamnations injustes…

  2. Des garanties sérieuses de sécurité et de confiance doivent être données pour assurer le retour des opposants se trouvant en dehors du territoire national.

  3. Des garanties de sincérité, de bonne foi doivent être édictées.

En sus, ce dialogue ne doit pas être un cadre de partage de pouvoir, ni une blanchisserie pour les compatriotes qui trahissent le pays au profit des étrangers (Rwanda) en prenant des armes pour tuer nos concitoyens et piller nos ressources naturelles, sous des prétextes individuels fallacieux et tribalo-ethniques.

66 ans après, notre État indépendant n’a plus besoin de ces comédies opportunistes qui nous font reculer chaque année qui passe.

Je suis aujourd’hui l’un des opposants le plus brimé, opprimé par le système en place : condamné injustement, arrêté illégalement privé de mes droits civils et politiques, humilié, sali, torturé moralement et physiquement…

Mais par patriotisme, je suis resté endurer toutes ces peines au pays. Cela ne m’a pas poussé à m’exfiltrer du pays pour me réfugier à l’étranger, encore moins de recourir aux armes pour chercher à me venger sous quelque prétexte que ce soit.

Certains aînés comme FAYULU, KABUND, MUZITO… mènent autant que nous leur lutte de manière pacifique, préservant ainsi les vies de paisibles citoyens.

J’invite les peuples congolais et africains à proscrire la guerre comme un raccourci frauduleux, et moyen facile, rapide d’accession au pouvoir, car seules la paix et la stabilité peuvent constituer des gages sérieux pour le développement durable de notre État, à l’instar d’autres États civilisés au monde.

Lorsque la lutte atteint sa dimension mystique, la résistance devient spirituelle.

« La patrie ou la mort, nous vaincrons. »

CONSTANT MUTAMBA

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