Le climat politique en République démocratique du Congo s’enflamme une nouvelle fois, cette fois autour de la décision controversée du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), présidé par Christian Bosembe, d’interdire aux médias congolais de relayer les activités et déclarations du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), formation de l’ancien président Joseph Kabila. Une mesure jugée liberticide par plusieurs voix de l’opposition, au premier rang desquelles Marie-Ange Mushobekwa, cadre du PPRD et ancienne ministre.
Dans une déclaration virulente publiée sur ses réseaux sociaux, l’ancienne ministre des Droits humains dénonce ce qu’elle qualifie de « dérive totalitaire », accusant le CSAC d’agir de manière arbitraire et sélective. « Il y a trois mois, vous avez interdit au peuple congolais et aux médias de parler du M23/AFC et du Rwanda. Et voilà aujourd’hui la RTNC diffuser des images de nos autorités avec les mêmes acteurs, sans aucune explication. À qui rendez-vous compte ? », interpelle-t-elle directement Christian Bosembe.
Marie-Ange Mushobekwa rappelle que le peuple congolais est le « souverain primaire » et refuse de se plier à ce qu’elle considère comme des décisions politiques camouflées derrière une autorité de régulation. « Qui vous a convaincu que nous devons fonctionner au rythme de vos caprices ? », écrit-elle, affirmant qu’elle continuera à s’exprimer librement, en tant que citoyenne congolaise, conformément aux principes républicains.
Elle va plus loin en accusant le pouvoir en place de manipuler la Constitution à des fins politiques. Elle cite également, dans un ton sarcastique, le ministre de la Justice Constant Mutamba, le présentant comme l’illustration d’une communication gouvernementale « en miettes ».
« Ce pays a existé avant vous, il existera après vous », avertit-elle, rappelant que la RDC n’est pas la propriété d’un camp politique, mais celle de tous ses fils et filles. Elle réaffirme sa détermination à s’exprimer sur toutes les plateformes, malgré les restrictions du CSAC.

