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Politique

Moïse Katumbi s’oppose à toute révision constitutionnelle et appelle Félix Tshisekedi à quitter le pouvoir dans le respect de la Constitution

Le président national du parti Ensemble pour la République, Moïse Katumbi Chapwe, a réaffirmé son opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution de la République démocratique du Congo.

Dans une interview accordée à Deutsche Welle ce lundi 8 juin 2026, l’opposant congolais a estimé que le projet de révision constitutionnelle attribué au camp présidentiel ne pourrait aboutir face à la résistance de l’opposition et d’une partie de la population.

Selon Moïse Katumbi, les actions de contestation engagées par l’opposition ne font que commencer. Il a rappelé que la journée « ville morte » observée le 3 juin dernier constituait, selon lui, un premier signal adressé au pouvoir en place avant d’éventuelles manifestations populaires.

L’ancien gouverneur du Katanga a également mis en garde contre toute répression des mouvements de contestation. Faisant référence à Rossy Mukendi Kapangala, tué lors d’une manifestation à Kinshasa en 2018, il a affirmé que le président Félix Tshisekedi serait tenu pour responsable de toute violence visant les manifestants.

Moïse Katumbi a par ailleurs appelé le chef de l’État à respecter les dispositions constitutionnelles relatives à la limitation des mandats présidentiels. Selon lui, Félix Tshisekedi devrait quitter le pouvoir à l’issue de son mandat et poursuivre sa carrière politique dans le respect des institutions républicaines.

« Le président doit quitter le pouvoir calmement », a-t-il déclaré, rejetant les arguments de certains partisans du pouvoir qui évoquent la possibilité d’un troisième mandat au nom de la volonté populaire.

Pour le leader d’Ensemble pour la République, la forte adhésion enregistrée lors de la journée ville morte du 3 juin constitue déjà une expression du refus populaire d’une éventuelle modification de la Constitution.

Moïse Katumbi a également critiqué l’influence de certains responsables religieux qu’il juge proches du pouvoir. Selon lui, le président de la République ne devrait pas se laisser guider par des conseillers privilégiant des intérêts politiques au détriment de ceux de la population.

Enfin, l’opposant a estimé qu’un dirigeant responsable doit avant tout défendre les intérêts des citoyens. À ses yeux, toute tentative de révision constitutionnelle dans le contexte actuel risquerait d’aggraver davantage les difficultés socio-économiques auxquelles sont confrontés les Congolais.

Isaka Kijana

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