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Noël Tshiani : « La Constitution actuelle empêche la RDC à faire des progrès »

La Rédaction vous relaye une réflexion du Professeur Noël K. Tshiani Muadiamvita publiée le 12 Avril 2024, sur la controverse autour de la révision ou le changement de la Constitution. Bionne Lecture !


Ça fait débat, la révision de la constitution en République Démocratique du Congo.  Tantôt c’est Augustin Kabuya, Secrétaire Général du Parti au pouvoir, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), qui emprunte une question réthorique qui a laissé perplexe population. L’opinion se souviendra de sa célèbre phrase : « qui vous a dit que c’est le dernier mandat ? », prononcée lors d’une matinée politique. Bien avant lui, le célèbre historien, le Professeur Isidore Ndaywel a proposé une série des réformes structurelles et constitutionnelles qui n’avait pas reçu l’unanimité de ses collègues professeurs congolais.

Le professeur André Mbata, enseignant du droit constitutionnel à l’Université de Kinshasa et en Afrique du Sud a maintes fois soutenu une thèse de la révision constitutionnelle. Il s’est même interrogé : « Les dispositions contenues dans la Constitution du 18 février 2006 sont-elles éternelles ou certaines devraient-elles plutôt subir des modifications pour s’adapter au contexte, à l’évolution des mentalités, aux besoins nouveaux de la société, ou pour anticiper les chocs du futur ? ».

Par ailleurs, Ngoma Binda, Professeur dans la Faculté des Lettres et Sciences humaines à l’Unikin, a eu le courage de s’opposer à cette initiative. Pour lui, dans le contexte actuel de la RDC , toute révision constitutionnelle est inopportune.

« Une politique de troisième mandat ? De toute évidence, il est scandaleusement provocateur de poser une telle question. Elle n’est ni pertinente, ni opportune. En plus, elle relève des matières constitutionnellement verrouillées, non susceptibles de révision. Pourtant, en toute intelligence, elle doit être posée. Peut-on réviser la Constitution ?
Une révision de la Constitution réclame un temps non suspect, elle doit s’effectuer intemporel non suspect, comme disent les juristes. Mais, quel est ce temps qui puisse échapper à la suspicion ? Comment pouvoir le trouver, toute idée évoquant la révision étant fatalement suspecte, surtout quand elle doit concerner des matières considérées comme ” verrouillées “, non révisables ? La récente initiative intellectuelle du collègue professeur Ndaywel è Nziem a en effet été largement contestée. Mais, une nation intelligente doit se donner le courage de rectifier ce qui gêne, ce qui la met en difficulté et retarde sa marche vers le progrès », dit -il.

Aujourd’hui , c’est Noël Tshiani, l’économiste de formation et Candidat à la présidentielle de décembre 2023 qui se positionne derrière André Mbata, (même s’il ne le dit pas clairement) pour soutenir la révision de la constitution.

Voici sa réflexion que nous intitulons « La Constitution actuelle empêche la RDC à faire des progrès »

Quand allons-nous sortir du sous-développement? Le monde avance chaque jour à une vitesse vertigineuse. Différents pays se font concurrence et chaque pays cherche à se développer davantage. Les pays développés cherchent à maintenir la suprématie et les pays en développement voudraient rattraper le retard afin de se retrouver dans le peloton en tête du classement mondial.

Dans cette course à grande vitesse, il y a une chose qui m’étonne. Sans comparer les pays en développement aux pays développés, les pays en développement se développent à des vitesses très variables. Certains pays posent des actes qui montrent qu’ils sont pressés pour rattraper le retard accumulé afin de sortir du sous-développement le plus rapidement possible. D’autres pays ne semblent pas du tout pressés et prennent leurs temps tout en pensant que le développement viendrait de lui-même tôt ou tard sans trop efforts ni de précipitations.

Pour illustrer mon propos, je voudrais comparer le Sénégal et la République Démocratique du Congo. En deux semaines, le Sénégal a organisé l’élection présidentielle, élu un président de la République, nommé un premier ministre et annoncé la composition de son gouvernement qui s’est aussitôt mis au travail.

Le Sénégal est très pressé pour changer la vie de ses citoyens. De l’autre côté, la RDC, mon pays, a pris le temps depuis l’élection présidentielle du 20 Décembre 2023 pour désigner un Premier Ministre et composer le Gouvernement. Depuis quatre mois, on perd le temps précieux et on n’est pas encore sorti de l’auberge.
La question est de savoir pourquoi les Sénégalais font des choses plus rapidement que les Congolais. La repose est que les constitutions de deux pays permettent au Sénégal d’aller rapidement et empêchent à la RDC de faire des progrès.

Claudel Lubaya : « L’ennemi de Félix Tshisekedi, c’est Fatshi béton et non personne d’autre. Il promet mais ne réalise pas »

Au Sénégal, on cherche à répondre en urgence aux attentes de la population mais en RDC, on cherche à répondre aux demandes incessantes des politiciens. Devant la lenteur des actions pour mettre en place une équipe gouvernementale afin de commencer à travailler, je propose deux actions pour sauver le pays et le remettre sur la voie du développement économique et social accéléré qui profiterait à tout le peuple congolais. La première action est la modification des règles du jeu notamment à travers la réforme de la constitution de la République qui freine nos efforts collectifs et nous empêche d’aller vite vers le développement. La deuxième action consiste à repenser le paysage politique du pays en redéfinissant les règles du jeu et le nombre des partis politiques.

La patrie ou la mort !
Professeur Noël K. Tshiani Muadiamvita

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