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Politique

RDC : Muhindo Nzangi lance la réforme agricole, un chantier stratégique pour la souveraineté et la croissance

Le secteur agricole congolais s’apprête à vivre un tournant majeur. Face aux blocages persistants de la loi agricole de 2011, le Ministre d’État à l’Agriculture et Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a officiellement enclenché, ce mercredi 01 octobre, à l’Hôtel Béatrice de Kinshasa, une réforme structurelle et inclusive visant à redonner à l’agriculture congolaise sa place de moteur de souveraineté et de développement durable.

Promulguée il y a 14 ans, la loi agricole n’a pas produit les résultats escomptés. Jugée inadaptée et difficilement applicable, elle a freiné l’élan de modernisation du secteur. Le Ministre d’État ne mâche pas ses mots : « On ne peut pas rester 12 ou 13 ans derrière », martèle-t-il, tout en appelant à un compromis pragmatique et rapide.

Cette fois, la démarche se veut différente, avec un processus de co-construction réunissant scientifiques, juristes, provinces, partenaires et experts agricoles pour produire un texte solide, adapté et réellement applicable.

La réforme repose sur cinq piliers essentiels, entre autres, Restructurer la loi et clarifier ses mécanismes d’application ; Renforcer la gestion des catastrophes agricoles ; Encadrer l’accès des étrangers aux terres agricoles ; Créer un cadastre agricole moderne ; Promouvoir un développement agricole intensif et sécurisé.

À cela s’ajoute la clarification du régime fiscal agricole, afin de stimuler les investissements tout en protégeant les producteurs locaux.

Le ministre met particulièrement l’accent sur le cadastre agricole, indispensable pour cartographier et sécuriser les 80 millions d’hectares de terres arables du pays. Sans une identification claire et transparente, impossible d’attirer des investissements structurants ni de prévenir les conflits fonciers.

À cet effet, Muhindo Nzangi dénonce le laxisme ayant conduit au bradage des terres à des intérêts privés et étrangers. Il plaide pour que les terres stratégiques soient réservées aux Congolais, tout en encadrant les investisseurs étrangers par des partenariats obligatoires avec les nationaux. L’objectif est de garantir la souveraineté foncière et prévenir toute confiscation silencieuse des terres.

La réforme entend également corriger les faiblesses du régime fiscal agricole, en instaurant des exonérations claires et équitables. Elle s’attaque aussi à la question cruciale des semences, avec le renforcement de l’INERA, du SENASEM et du CAPSA, afin de fournir des semences de qualité et accessibles aux producteurs, notamment les petits exploitants.

Au-delà d’un simple toilettage juridique, Muhindo Nzangi engage une véritable révolution agricole. Sa vision, c’est de faire de l’agriculture un levier de souveraineté, d’emploi et de croissance durable pour la RDC.

« Une fois compromis, on mettra de l’agressivité pour que ça avance vite », promet le ministre, déterminé à sortir le secteur agricole de l’immobilisme et à en faire un pilier de la renaissance économique congolaise.

La rédaction

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