La ville d’Uvira s’est réveillée en liesse ce dimanche 18 janvier 2026. Après le retrait, la veille au soir, de la coalition rebelle du RDF/M23/AFC, les forces patriotiques Wazalendo ont repris le contrôle de la ville. Dans les rues, la population célèbre « le retour de la liberté et de la paix ».
Mais derrière cette euphorie, les autorités provinciales appellent à une extrême vigilance. Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, met en garde contre un scénario de déstabilisation préparé par les rebelles avant leur départ. « En se retirant, selon les renseignements, ils auraient laissé des personnes, des militaires habillés en tenue civile, mais armés dans la ville d’Uvira pour organiser le chaos, les pillages et l’intimidation des minorités, notamment des populations banyamulenge qui ne voulaient pas partir avec eux », a déclaré le gouverneur. « Dans ces conditions, le chaos est tout à fait prévisible. »
Des scènes de pillage qui ont commencé hier avec les rebelles ce sont poursuivis aujourd’hui. Des pillages de biens publics et privés ont déjà été signalés dans plusieurs quartiers. Selon des sources locales, ces actes seraient l’œuvre de complices laissés sur place par le M23 pour semer le désordre et ternir l’image du retour à l’ordre. Jean-Jacques Purusi révèle également que les rebelles ne se seraient pas éloignés.
« Ils se seraient retirés aux abords d’Uvira, sur les hauteurs, notamment à Kagongo, Katongo, Makobola 1 et 2, avec l’idée de braquer leurs armes sur la ville pour pouvoir la réoccuper à tout moment », avertit-il.
Plusieurs sources dans la ville confirment des risques d’infiltrations et de provocations destinées à justifier un retour du M23. Face à cette menace, les responsables des communautés locales appellent à la retenue et à la cohésion. Ils exhortent la population à ne pas céder aux manœuvres visant à « fissurer l’unité entre les communautés » et à consolider la cohabitation pacifique.
Daniel Michombero

