Un nouvel épisode de tensions diplomatiques s’est ouvert entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, à la suite d’une déclaration du président congolais Félix Tshisekedi lors du Global Gateway Forum 2025, organisé par l’Union européenne à Bruxelles.
Lors de son intervention, le chef de l’État congolais a lancé un appel à son homologue rwandais Paul Kagame, l’invitant à faire preuve de bonne volonté pour rétablir la paix entre les deux pays, évoquant la possibilité d’une “paix des braves”.
La réponse de Kigali n’a pas tardé. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a vivement critiqué les propos du président congolais, les qualifiant de “cinéma politique”. Selon lui, M. Tshisekedi aurait dévié l’objectif initial du forum – centré sur la coopération et les partenariats entre l’Afrique et l’Union européenne – pour en faire une tribune politique.
Olivier Nduhungirehe a rappelé que Paul Kagame, intervenu plus tôt dans le cadre du forum, s’était concentré sur des projets concrets de développement, notamment l’usine de fabrication de vaccins BioNTech à Kigali, construite avec le soutien de l’UE. Il estime que Félix Tshisekedi a utilisé sa prise de parole “à des fins de communication politique intérieure”, abordant un conflit régional dans un contexte inadapté.
Le ministre rwandais a également contesté les propos de M. Tshisekedi affirmant n’avoir jamais eu d’attitude hostile envers ses voisins. Il a notamment évoqué certaines déclarations attribuées au président congolais lors de la campagne présidentielle de 2023, dans lesquelles il aurait menacé Kigali, ainsi que des actions militaires présumées de l’armée congolaise sur le sol rwandais et le recours supposé à des mercenaires étrangers.
Par ailleurs, M. Nduhungirehe a accusé Kinshasa de coopérer avec des groupes armés comme les milices Wazalendo, soupçonnées de propager des messages hostiles envers certaines communautés, notamment les Banyamulenge.
Sur le plan diplomatique, le ministre a évoqué les efforts menés pour la paix, notamment l’accord signé à Washington en juin 2025 entre les deux pays. Il reproche à la RDC de ne pas respecter les engagements pris, citant des attaques menées, selon lui, contre des positions du M23 et des villages dans le Sud-Kivu.
Il est également revenu sur les discussions tenues à Luanda en décembre 2024, déplorant le refus initial de Kinshasa de s’engager dans un dialogue direct avec le M23, avant d’accepter des discussions à Doha. Enfin, il a affirmé que la délégation congolaise aurait refusé de signer un accord régional sur l’intégration économique lors de négociations à Washington.
En conclusion, le chef de la diplomatie rwandaise a dénoncé une attitude contradictoire de la part du président congolais : “On ne peut pas appeler au dialogue en public tout en rejetant les engagements en privé”, a-t-il affirmé, qualifiant l’intervention de Félix Tshisekedi à Bruxelles de “mise en scène politique”.
Guelord Lubonzu

