Une éventuelle rencontre entre les présidents Paul Kagame du Rwanda et Félix Tshisekedi de la République démocratique du Congo (RDC), annoncée de manière informelle pour se tenir à Washington avant Noël, suscite de nombreuses interrogations. À ce stade, rien ne confirme qu’un tel face-à-face aura lieu, et les déclarations venues de Kigali semblent même éloigner cette perspective.
Invité sur RFI, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a rappelé avec fermeté la position de son gouvernement concernant la crise dans l’Est de la RDC.
Selon lui, la paix dans cette région demeure impossible tant que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé d’inspiration génocidaire issu de l’ex-Armée rwandaise en 1994, ne sont pas neutralisées.
« Il n’y aura la paix dans l’Est du Congo que si les génocidaires FDLR sont neutralisés », a-t-il déclaré.
Cependant, le ministre rwandais accuse Kinshasa de manquer de volonté politique pour lancer une opération décisive contre ce groupe armé. Pour lui, cette étape est indispensable si les deux pays veulent envisager une détente.
Toujours selon M. Nduhungirehe, une neutralisation effective des FDLR “ouvrira la voie à la levée des mesures de défense du Rwanda au Congo”, référence implicite à la présence d’éléments militaires rwandais indirectement soutenant le M23, selon plusieurs rapports internationaux, une accusation que Kigali nie régulièrement.
S’exprimant en ligne depuis Luanda, où il participait au 7ᵉ sommet Afrique – Europe, le chef de la diplomatie rwandaise a répondu aux questions du journaliste Christophe Boisbouvier, dans un échange qui a de nouveau mis en lumière les profondes divergences entre Kigali et Kinshasa.
Alors que la communauté internationale multiplie les appels à la désescalade, la tenue d’une rencontre Kagame – Tshisekedi avant Noël semble plus incertaine que jamais.
À noter que, Washington pourrait jouer un rôle clé dans la médiation, mais pour l’instant, aucun signal concret ne permet d’affirmer que les deux chefs d’État accepteront de s’asseoir autour d’une même table dans les prochaines semaines.
Israël Mpoyi

