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Provinces

Disparition de Honneur-David Safari : la liberté de la presse une fois de plus mise à rude épreuve à Bukavu

La disparition du journaliste Honneur-David Safari, rédacteur en chef du journal indépendant La Prunelle RDC, relance avec acuité le débat sur la sécurité des journalistes et la liberté de la presse dans l’est de la République démocratique du Congo. Porté disparu depuis le dimanche 28 décembre 2025 à Bukavu, le confrère demeure introuvable, plongeant la profession dans l’incertitude et la peur.

Honneur-David Safari a été vu pour la dernière fois vers 18 h 30, alors qu’il circulait à moto. Peu avant, il avait alerté son épouse par message, lui confiant son sentiment d’être suivi par des individus non identifiés. Depuis, son téléphone est resté injoignable, alimentant les inquiétudes sur une possible arrestation ciblée.

Selon des informations non officiellement confirmées, sa disparition serait liée à son travail journalistique, notamment à des articles critiques sur les marches forcées organisées dans certaines zones sous contrôle du mouvement AFC-M23, à Bukavu, Goma et Uvira. Une source proche de cette rébellion évoque un ordre d’arrestation attribué à Sultani Makenga, commandant militaire du mouvement, des allégations qui n’ont, à ce stade, reçu aucune confirmation officielle.

Sur le terrain, les versions divergent. Plusieurs témoignages font état d’une possible détention du journaliste dans les locaux de l’ANR à Bukavu, tandis que le REDOC affirme ne pas disposer d’éléments confirmant sa présence dans les cachots du mouvement AFC-M23. Ces contradictions entretiennent un climat de flou et d’angoisse, aussi bien pour la famille que pour les confrères.

La crainte d’un transfert vers d’autres centres de détention, notamment à Chanzu dans le Nord-Kivu, reste vive. Ce site est régulièrement cité par les défenseurs des droits humains comme un lieu aux conditions de détention particulièrement préoccupantes. « Chaque heure qui passe sans information crédible accroît notre inquiétude », confie un journaliste membre du comité de crise.
Dans le même temps, l’épouse de Honneur-David Safari a été entendue par les services de renseignements. Cette audition n’a pas permis de dissiper les doutes sur la situation réelle du journaliste. « Rien ne prouve aujourd’hui qu’il soit sain et sauf », indique un proche de la famille.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de rétrécissement de l’espace civique dans les zones touchées par le conflit armé.

Depuis la prise de plusieurs villes stratégiques par le M23, les professionnels des médias dénoncent un environnement de travail de plus en plus hostile, marqué par des menaces, des intimidations et des arrestations arbitraires. Pour beaucoup, la disparition de Honneur-David Safari symbolise les dérives auxquelles sont exposés les journalistes qui osent informer.

Face à cette situation, les organisations de presse et les défenseurs de la liberté d’expression appellent à une mobilisation urgente. Ils exigent la localisation immédiate du journaliste, la transparence des autorités concernées et des garanties réelles pour la protection des professionnels des médias.

« Se taire n’est pas une option, car informer est un droit et non un crime », rappelle un membre de la corporation journalistique à Bukavu.

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