Goma fait face à une crise persistante d’accès à l’eau potable, une situation qui suscite de plus en plus d’inquiétudes chez les experts environnementaux. Invité de l’émission Écho de la Terre diffusée ce samedi 18 avril 2026 sur Radio Beroya FM, John Katikomu a livré une analyse critique de la gestion actuelle de la ressource hydrique dans la ville volcanique.
Selon cet expert en environnement, le problème ne réside pas dans la disponibilité de l’eau, mais dans sa gestion et sa distribution. Il rappelle que le lac Kivu constitue une importante réserve d’eau, mais que la population n’y a pas un accès suffisant et régulier.
« L’eau est là en grande quantité dans le lac Kivu, mais la population n’en bénéficie pas à temps voulu », a-t-il déclaré, mettant en cause les insuffisances dans les systèmes de captage, de traitement et de distribution.
Malgré les efforts de la REGIDESO, notamment l’installation de nouvelles bornes-fontaines dans plusieurs quartiers de Goma et ses périphéries, l’accès à l’eau potable demeure insuffisant. La croissance démographique rapide de la ville a, selon lui, dépassé les capacités des infrastructures héritées de plusieurs années en arrière.
John Katikomu alerte également sur les conséquences environnementales liées à cette mauvaise gestion, notamment les inondations récurrentes, le débordement des caniveaux et l’absence de systèmes de drainage adaptés. Ces facteurs fragilisent les infrastructures urbaines et exposent les populations à des risques accrus.
Il évoque aussi la présence de gaz dans le Lac Kivu, un phénomène naturel qui pourrait représenter un danger si sa gestion n’est pas maîtrisée. Selon lui, une exploitation non contrôlée de ces ressources pourrait engendrer des risques majeurs à long terme.
L’expert met également en lumière la pollution avancée du lac, aggravée par les déchets plastiques, les rejets des embarcations ainsi que les eaux usées provenant des villes de Goma et Bukavu. Cette pollution a des conséquences directes sur la qualité de l’eau et, par ricochet, sur la santé publique.
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Il alerte aussi sur la contamination progressive de la nappe phréatique, due à l’infiltration des eaux de pluie chargées de polluants, compromettant ainsi la qualité de l’eau des forages, souvent utilisés comme alternative par les ménages.
Avec une croissance démographique soutenue entre 2016 et 2026, la demande en eau à Goma a fortement augmenté, dépassant largement les capacités actuelles de production et de distribution. Les nouvelles constructions, notamment les immeubles à étages, accentuent davantage cette pression.
Pour l’expert, les forages peuvent constituer une solution complémentaire, mais nécessitent un encadrement strict et un traitement adéquat de l’eau afin de garantir la sécurité sanitaire des populations.
John Katikomu appelle enfin à une action concertée entre autorités, services techniques et population. Il insiste sur la nécessité de renforcer les infrastructures, de réduire les coûts d’accès à l’eau et de promouvoir des comportements citoyens responsables, notamment la lutte contre la pollution du lac et la protection des berges.
« Protéger l’eau, c’est protéger la vie », a-t-il conclu, appelant à une gestion durable du lac Kivu afin de garantir un avenir sain aux générations futures.
Isaka Kijana

