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Provinces

Haut-Katanga : une crise silencieuse sur les routes, plus de 180 morts en six mois

En l’espace de six mois seulement, les routes du Haut-Katanga ont été le théâtre de plus de 1 200 accidents, coûtant la vie à au moins 182 personnes. Derrière ces chiffres froids, se cachent des drames humains évitables et des failles systémiques dans la gestion de la sécurité routière.

Ces statistiques, issues d’un rapport publié le 30 septembre 2025 par la Convention nationale de prévention routière (CNPR), révèlent une situation particulièrement alarmante dans la ville de Lubumbashi, où plus de la moitié des cas – soit 671 accidents – ont été enregistrés, entraînant 87 décès.

 « Ces chiffres couvrent uniquement la période de janvier à juin 2025, » a précisé Christophe Liya, responsable technique au sein de la CNPR, lors d’un entretien avec la presse locale le 2 octobre.

Des routes meurtrières, des causes multiples

Parmi les principaux facteurs identifiés : la conduite en état d’ivresse, l’excès de vitesse, le non-respect du code de la route, et un phénomène de plus en plus dénoncé par les usagers, les abus des agents de la Police Congolaise de la Route (PCR).

Initialement créée pour réguler la circulation et assurer la sécurité des usagers, la PCR semble s’éloigner de sa mission première. Contrôles arbitraires, intimidations, demandes d’argent déguisées en « amendes » : plusieurs témoignages pointent du doigt des comportements qui engendrent souvent des situations de panique ou de fuite… aux conséquences parfois dramatiques.

Un accident qui en dit long

Un fait divers survenu le 16 avril 2025 illustre bien les dérives du système. Ce jour-là, un taxi-bus pourchassé par des agents de la PCR et du bureau 2 à Lubumbashi, sur les avenues Sendwe et des Usines, a terminé sa course dans un bain de sang. En tentant d’échapper au contrôle, le chauffeur a perdu le contrôle de son véhicule, fauchant une piétonne près du lycée Wema, avant de s’écraser sur des rails de chemin de fer. Bilan : au moins 8 morts, parmi lesquels des passants.

Des appels à l’action… restés sans suite ?

Face à cette situation, certains acteurs locaux tentent de faire entendre leur voix. Jean-Marie Kabwe responsable d’un arrêt de bus de la place, appelle les autorités à prendre des mesures concrètes.

> « Il faut agir avant que ces tragédies ne deviennent une normalité. Les chauffeurs doivent respecter le code de la route, mais il faut aussi mettre fin aux pratiques abusives de certains agents de la PCR, » alerte-t-il.

Un enjeu de gouvernance et de volonté politique

La crise de la sécurité routière dans le Haut-Katanga ne peut être résolue uniquement par des campagnes de sensibilisation. Elle interpelle la gouvernance locale et nationale sur la nécessité d’un véritable assainissement du secteur routier : formation des chauffeurs, contrôle rigoureux mais juste, lutte contre la corruption dans les rangs de la police, et amélioration des infrastructures.

Tant que ces réformes ne seront pas prises à bras-le-corps, les routes continueront d’endeuiller des familles qui, souvent, n’avaient qu’un simple but : rentrer chez elles en vie.

Guelord Lubonzu

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