Plus de deux mois après la conclusion de l’enquête menée dans la famille Kalombo, au sein du groupement Bakaluyambi à Kalamba Mbuji (territoire de Luiza), des zones d’ombre subsistent autour des rapports déposés par la Commission consultative de règlement des conflits coutumiers.
Selon les informations recueillies, deux rapports distincts auraient été soumis par des membres de la même commission. L’un, adressé à l’Assemblée provinciale, ne porte que deux signatures : celle du président de la commission, le chef coutumier Tshibombi, et celle du rapporteur, Jean René Tshimanga, représentant de la société civile. L’autre rapport, quant à lui, déposé au gouvernorat, contient plusieurs signatures, ce qui contrevient à l’article 7 de l’arrêté n°006 régissant la création, la composition, l’organisation et le fonctionnement des commissions consultatives de règlement des conflits coutumiers.
Face à cette situation confuse, des voix s’élèvent pour demander au gouverneur de province de convoquer les membres de la commission devant le Conseil provincial de sécurité et l’Assemblée provinciale, afin d’éclaircir les divergences constatées dans ces rapports.
Ce conflit coutumier non résolu risque de compromettre l’exécution de grands projets de développement initiés par le gouvernement central dans cette partie du Kasaï Central.
Pour rappel, les conclusions officielles de l’enquête, clôturée en février 2025, avaient désigné Rémy Buanoko, fils du défunt Kalombo, comme légitime héritier du pouvoir coutumier, avec 18 voix contre 14 pour son jeune frère, principal challenger.
Par ailleurs, lors de sa récente visite à Kananga, le Directeur général de l’OGEFREM, William Kazumba, avait interpellé le gouverneur sur la nécessité de régler ce conflit, condition préalable à l’exécution de projets importants, notamment la construction d’un port sec dans cette zone stratégique.
Stéphane Joël Kande

