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Provinces

Lualaba : le gouvernement de Fifi Masuka ne pourra plus être interpellé (vote des députés)

Un événement politique inédit secoue la province du Lualaba. L’Assemblée provinciale, dirigée par Archimède Kalasa, a voté une résolution suspendant toutes les missions de contrôle sur l’exécutif provincial. Une décision exceptionnelle, lourde de conséquences pour la transparence et l’équilibre institutionnel.

La session extraordinaire qui a adopté cette mesure ne comptait que 12 députés présents sur 24. Malgré cette faible représentation, la résolution a été rapidement votée : 10 pour, 2 contre, et une abstention… l’élu en question étant absent, son vote ayant été transmis par le rapporteur. Bien que conforme au règlement intérieur, cette adoption soulève des interrogations sur sa légitimité et sa représentativité réelle.

Les défenseurs de cette décision évoquent une volonté de « préserver la stabilité institutionnelle », de réduire les tensions répétitives entre l’Assemblée et le gouvernement, et de permettre à l’exécutif de se concentrer pleinement sur ses missions, sans être freiné par des interpellations jugées « excessives ». Cependant, aucune justification officielle détaillée n’a été rendue publique, laissant planer le doute sur les véritables motivations. Pour de nombreux observateurs, cette suspension du contrôle parlementaire ressemble davantage à un recul de la transparence et un possible glissement vers l’autoritarisme.

En renonçant à exercer son rôle de surveillance, l’Assemblée prive les habitants du Lualaba d’un mécanisme essentiel de bonne gouvernance. Concrètement, cela signifie que :

L’exécutif ne peut plus être interpellé

Aucune motion de défiance ne pourra être initiée même en cas de mauvaise gestion.  L’Assemblée ne pourra sanctionner aucun membre du gouvernement provincial.

Ce vide institutionnel pourrait ouvrir la porte à des abus de pouvoir et à une gestion opaque des ressources publiques. Dans les cercles politiques et juridiques, la décision divise. Des constitutionnalistes rappellent que le contrôle parlementaire n’est pas optionnel mais fondamental pour maintenir l’équilibre des pouvoirs. La société civile parle d’un « cadeau politique » offert à l’exécutif, tandis que certains analystes évoquent un « danger pour la démocratie locale ».

Au-delà du Lualaba, ce précédent pourrait inspirer d’autres provinces où les relations entre Assemblées et gouverneurs sont tendues. La question nationale est désormais posée : jusqu’où les institutions provinciales peuvent-elles s’affranchir de leurs obligations de contrôle ?

Dans une province clé pour l’économie congolaise, riche en cobalt, cuivre et projets miniers stratégiques, cette suspension laisse planer une inquiétude : quelle sera la transparence des décisions futures et comment la population sera-t-elle protégée face aux risques de mauvaise gestion ?

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