Trois mois après les annonces sur une éventuelle réouverture de l’aéroport international de Goma, la réalité demeure inchangée : l’infrastructure reste fermée, renforçant l’isolement de la ville et l’asphyxie économique du Nord-Kivu. Une situation qui dure depuis près d’une année, depuis la prise de la ville par les éléments de l’AFC-M23.
Privée de sa principale porte d’entrée aérienne, Goma fonctionne au ralenti. Les humanitaires, les commerçants, les malades évacués et les opérateurs économiques subissent de plein fouet les conséquences de cette fermeture prolongée. Les coûts de transport ont explosé, l’approvisionnement devient incertain et plusieurs activités dépendantes du trafic aérien sont à l’arrêt.
À cette crise s’ajoute la fermeture persistante des banques, accentuant la pénurie de liquidités et compliquant les transactions commerciales. Pour de nombreux habitants, l’accès à l’argent est devenu un véritable parcours du combattant, aggravant la précarité des ménages déjà fragilisés par l’insécurité.
Sur le plan politique et diplomatique, les annonces faites par le président français Emmanuel Macron et relayées par les autorités congolaises avaient suscité un espoir mesuré. Mais sur le terrain, l’absence d’actions concrètes nourrit un sentiment d’abandon et de désillusion au sein de la population.
Les autorités de fait qui contrôlent Goma avaient, dès le départ, exprimé leur réserve face à ces déclarations, soulignant la complexité du contexte sécuritaire. Aujourd’hui, cette prudence semble confortée par l’immobilisme observé.
Après une année vécue sous le signe de l’incertitude, de nombreux habitants estiment que la réouverture de l’aéroport ne représenterait pas seulement un symbole politique, mais une urgence humanitaire et économique. En attendant, Goma reste coupée du reste du pays, suspendue à des décisions qui tardent à se concrétiser.

