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Peuples autochtones au Sud-Kivu : l’AFJP plaide pour la protection des femmes et la scolarisation des enfants

À l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones, célébrée chaque 9 août, l’Association des femmes journalistes engagées pour la paix (AFJP) appelle à une attention accrue en faveur des femmes et des enfants autochtones dans la province du Sud-Kivu.

À travers sa coordinatrice, Immaculée Chakupewa, l’AFJP met particulièrement en lumière le rôle des femmes autochtones, notamment les sages-femmes traditionnelles, tout en alertant sur les difficultés auxquelles sont confrontées leurs communautés, particulièrement dans le territoire de Mwenga.

Dans plusieurs villages, les sages-femmes traditionnelles continuent d’accompagner les femmes enceintes et d’assister certains accouchements, alors que l’accès aux structures sanitaires demeure difficile.

Le recours aux connaissances traditionnelles, notamment aux plantes médicinales, permet également à certaines familles de faire face au manque de services de santé accessibles.
Pour Immaculée Chakupewa, coordinatrice de l’AFJP, la contribution de ces femmes est particulièrement importante dans les zones où les services de santé restent difficiles d’accès.

« Leur contribution prend toute son importance dans un contexte où l’accès aux services de santé de base demeure un véritable parcours du combattant », souligne-t-elle.
Pour l’AFJP, ces femmes détentrices de savoirs traditionnels méritent davantage de reconnaissance, mais surtout une protection concrète.

La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo constitue un autre facteur aggravant.
Selon l’AFJP, certaines familles autochtones sont contraintes de quitter leurs villages en raison des violences et de chercher refuge dans des zones forestières.

Ces déplacements exposent davantage les populations à plusieurs difficultés, notamment le manque de nourriture, l’accès limité à l’eau potable, l’absence de soins de santé et différentes formes de discrimination.

Les femmes et les enfants figurent parmi les personnes les plus vulnérables dans ce contexte.

Malgré ces difficultés, les femmes autochtones continuent d’assurer la protection de leurs familles et la transmission de leurs connaissances traditionnelles aux générations suivantes.

La scolarisation des enfants autochtones demeure également une préoccupation majeure.
À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, l’AFJP alerte sur le risque de voir plusieurs enfants autochtones rester à l’écart de l’école en raison du manque d’infrastructures et de matériels scolaires.

Le déficit en bancs, en manuels scolaires et en enseignants formés constitue, selon l’organisation, un obstacle supplémentaire à l’accès à une éducation de qualité.

Face à cette situation, Immaculée Chakupewa appelle les autorités, les organisations humanitaires, les partenaires au développement et les personnes de bonne volonté à renforcer leur soutien en faveur de la scolarisation des enfants autochtones dans le territoire de Mwenga.

À travers cette Journée internationale des peuples autochtones, l’AFJP souhaite attirer l’attention sur la nécessité de renforcer la protection des communautés autochtones du Sud-Kivu.

L’organisation plaide notamment pour un meilleur accès aux soins de santé, à l’éducation, à l’eau potable et à la protection sociale, ainsi que pour la sécurisation des zones affectées par les conflits.

Pour Immaculée Chakupewa, reconnaître le rôle des femmes autochtones et préserver leurs savoirs traditionnels ne doit pas se limiter à une célébration annuelle. Cette reconnaissance doit se traduire par des actions concrètes destinées à améliorer durablement les conditions de vie de ces communautés.

Isaka Kijana

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