À Bukavu, la vente de médicaments à ciel ouvert est devenue une scène ordinaire depuis que la ville est tombée sous les rebelles du M23/RDF. Entre les étals de légumes et les vendeurs ambulants, des « pharmacies de rue » proposent paracétamol, anti-inflammatoires et antibiotiques, exposés au soleil et vendus sans ordonnance, ni contrôle.
Dans les marchés de Kadutu et sur les grandes artères de la ville, des bassines remplies de plaquettes circulent de main en main. Les acheteurs choisissent leurs comprimés comme des beignets, selon leur budget. Aucun renseignement sur la provenance, la date de péremption ou les conditions de conservation n’est fourni.
Pour l’Ordre des pharmaciens du Sud-Kivu, cette pratique constitue un danger majeur pour la santé publique. « Le médicament n’est pas une marchandise ordinaire. Mal utilisé, il peut aggraver une maladie, provoquer des intoxications ou favoriser la résistance aux antibiotiques », avertissent les professionnels.
Ils appellent la population à la vigilance et au boycott de ces circuits informels, exhortant chacun à s’approvisionner uniquement dans les pharmacies agréées. En jeu : la sécurité sanitaire des habitants et la lutte contre un commerce qui met des vies en péril.
Maisha Innocent (Réel actu)

