La séance plénière de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu consacrée à l’examen de la motion de censure visant le gouverneur de province a été reportée à une date ultérieure, alors que les protagonistes avaient pourtant conclu un pacte de collaboration à Kinshasa il y a quelques semaines.
Dans un communiqué officiel signé par le rapporteur du Bureau définitif, l’honorable Lunanga Ananie, le report est justifié par l’indisponibilité du gouverneur, actuellement en Europe pour des soins médicaux. Cette absence a été notifiée à l’Assemblée provinciale par une correspondance datée du 25 juin 2026.
La plénière, initialement prévue pour le samedi 27 juin, devait examiner la motion de censure introduite contre le chef de l’Exécutif provincial et son gouvernement, conformément aux dispositions du règlement intérieur de l’organe délibérant.
Ce nouvel épisode politique intervient pourtant après les engagements pris à Kinshasa le 23 mai dernier. À cette occasion, les députés provinciaux, le gouverneur et le vice-gouverneur du Sud-Kivu avaient été conviés dans la capitale à la suite d’un télégramme attribué au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo.
Selon plusieurs sources concordantes, une réunion de conciliation avait été organisée sous la facilitation du président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, et du deuxième vice-président du Sénat, Norbert Basengezi Katintima. Les deux camps avaient alors signé un acte d’engagement en faveur d’une collaboration institutionnelle apaisée, avec la promesse de privilégier l’intérêt supérieur de la province dès leur retour à Uvira, siège provisoire des institutions provinciales depuis la chute de Bukavu.
Mais l’accalmie n’aura été que de courte durée. À peine vingt-quatre heures après son retour à Uvira, le gouverneur s’est vu à nouveau convoqué par l’Assemblée provinciale pour répondre à la même motion de censure, relançant ainsi les tensions entre les deux institutions.
Le report annoncé ce vendredi ne met donc pas fin aux interrogations. De nombreux observateurs s’interrogent désormais sur la portée réelle du pacte conclu à Kinshasa et sur la capacité des acteurs politiques du Sud-Kivu à respecter les engagements pris en faveur de la stabilité institutionnelle.
En attendant la fixation d’une nouvelle date pour la tenue de la plénière, le climat politique demeure marqué par une méfiance persistante entre l’Exécutif provincial et l’Assemblée provinciale, au moment où la province fait face à d’importants défis sécuritaires, humanitaires et administratifs.
Isaka Kijana

