Au cœur des carrés miniers de Kamituga, situé dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu, le bruit des pioches et des pierres brisées résonne dès l’aube. Parmi les mineurs, de nombreux enfants, certains âgés de moins de 10 ans, s’affairent à casser des pierres ou à transporter le sable, tandis que leurs parents supervisent ou leur donnent des ordres.
L’Association des Femmes Journalistes engagées pour la Paix (AFJEP) tire la sonnette d’alarme face à cette exploitation minière et commerciale des enfants, souvent orchestrée par leurs propres familles.
« Ces enfants passent leurs journées dans les mines au lieu d’aller à l’école. Ils sont exposés à des accidents, des maladies et parfois même à des abus. Tout cela parce que leurs parents, souvent dans le besoin, les envoient travailler », explique Immaculée Chakupewa Nyamatomwa, coordinatrice de l’AFJEP.
Sur le terrain, l’image est frappante : de jeunes garçons et filles transportent de lourdes charges de minerai, tandis que d’autres vendent de petites marchandises aux mineurs. Le travail dangereux et épuisant remplace peu à peu le temps de jeu et d’apprentissage.
Selon l’AFJEP, cette situation viole gravement les droits fondamentaux de l’enfant et menace leur avenir. L’organisation lance un appel aux organisations humanitaires qui interviennent à la protection des enfants . d’autre part elle lance un appelle aux autorités locales et provinciales à renforcer la surveillance des sites miniers, à réinsérer ces enfants dans le système scolaire et à sensibiliser les parents sur leurs responsabilités.
« Nous ne pouvons pas fermer les yeux. Ces enfants ont droit à une enfance, à l’éducation et à la protection », insiste Mme Chakupewa , elle ajoute que l’exploitation économique des enfants reste un défi majeur pour l’AFJEP.
Alors qu’à Kamituga, l’exploitation des enfants reste un défi majeur pour la société civile, qui plaide pour une action collective et durable afin de protéger les plus vulnérables et leur offrir un avenir meilleur.
Isaka Kijana
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