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Santé

Lutte contre le sida : la Fondation Nkenge interpelle!

Chaque 01 décembre de l’année, l’humanité célèbre la journée mondiale du SIDA. Une journée instituée par l’organisation mondiale de la santé afin de sensibiliser sur l’importance d’apporter un soutien aux personnes vivant avec VIH et de rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie à cause de cette pandémie.

À l’occasion de cette célébration, nous avons interviewé l’honorable Déborah Nkenge, présidente de la FNK, une structure qui milite pour les droits de la jeune fille en République démocratique du Congo.

Suivez cette interview accordée exclusivement via un média de la RDC

1. Trouvez-vous nécessaire de parler de la journée mondiale de lutte contre le Sida dans un contexte ou d’autres fléaux ont apparemment pris la relève ?

R/  »Même si aujourd’hui la situation du SIDA s’est nettement améliorée, il en reste encore beaucoup à parcourir pour éradiquer cette maladie d’ici à 2030. Alors je penses que c’est toujours important de parler et de cogiter autour de ce qui préoccupe directement ou indirectement notre environnement surtout de ce qui peut influencer notre vécu quotidien de manière négative ou positive. Il est certes vrai que certains fléaux dévastateurs ont pris de l’ampleur au cours de ces dernières décennies telsque; le réchauffement climatique, le virus d’Ebola, la Covid-19. Cependant, tous ces fléaux dévastateurs doivent nous interpeller et nous amener à réfléchir et sensibiliser sur les méfaits que peuvent causer ces événements pour bâtir un monde saint et vivable dans un proche avenir. »

2. Comment comprenez-vous le thème de cette année, à savoir EGALITE MAINTENANT ?

R/ Chaque année, le monde pense à lutter contre le Sida et chaque année des thèmes sont évoqués dans le but de sensibiliser et de transmettre des messages qui peuvent changer ou orienter la perception des individus vis-à-vis de cette maladie. Égalité Maintenant est donc le thème retenu cette année.

À travers celui-ci, l’ONU SIDA interpelle et veut faire participer toute l’humanité de s’inviter dans cette lutte afin d’éradiquer si pas définitivement cette pandémie mais du moins de réduire sensiblement sa propagation. Il faut savoir que le sida n’est plus une fatalité. Il y a des moyens concrets de se protéger pour l’éviter et ce n’est pas sorcier.

Donc le thème nous incite à bannir la stigmatisation, à renforcer nos connaissances sur cette maladie, à communiquer, à partager nos expériences pour qu’enfin vivre normalement sans complexe avec ceux sont atteints et ceux qui ne le sont pas.

3. À l’instar de l’Europe, de l’Amérique, est- ce que l’Afrique en général et la RDC en particulier peut-elle faire face à cette maladie ?

R/ Ouf …cette question me gène beaucoup et me laisse en même temps perplexe puisque nous avons comme l’impression que les priorités de certains gouvernements africains sont ailleurs alors que la santé constitue le socle de tout développement aux côtés de l’éducation.

Mais il faut savoir que depuis 2017 suite à un rapport de l’ONUSIDA, les régions les plus touchées se situent en Afrique mais l’Afrique australe et l’Afrique de l’est ont accompli de progrès significatifs.

Tenez, les décès causés par cette pandémie ont chuté de 42 % depuis 2010. Ce qui sous entend que les progrès sont accomplis. Le cas de la République Démocratique du Congo est aussi louable.

Le même rapport de l’ONU SIDA indique que de progrès ont été accompli grâce à une politique sanitaire qui priorise la santé pour tous.

Les malades ont accès aux antirétroviraux, ils sont à 10 % en 2010 déjà et 8 % en ce qui concerne la couverture en matière de prévention de la transmission de la mère à l’enfant.

Donc nous sommes en 2022, les progrès continuent et de journées de sensibilisation continuent pour lutter efficacement contre le sida.

4. Vous êtes aussi présidente d’une fondation qui porte d’ailleurs votre nom Fondation NKENGE.

Vous organisez un évènement dans une école pour sensibiliser les élèves sur le sida, les IST, les grossesses précoces.

Que peut-on savoir sur cet événement ?

R/ Il s’agit d’une campagne de sensibilisation de la jeunesse sur les IST, le SIDA, les Grossesses précoces ainsi que autred anti-valeurs en milieu scolaire. Nous ciblons beaucoup plus la jeune fille dont l’âge varie entre 10 et 24 ans.

En RDC, d’après le rapport de surveillance des décès maternels et périnataux et riposte publié en 2021, les adolescentes de moins de 19 ans représentent 11% des décès maternels et l’étude de l’école de santé publique de Kinshasa portant sur la prévalence du VIH/Sida chez les jeunes de 15 -24 ans montre que de 0,23% sur une moyenne nationale de 1,2% ont le SIDA. Il n’y a pas que les VIH/SIDA, ni les grossesses précoces, les phénomènes sociaux aussi tels que la délinquance juvénile, la dépendance à l’alcool, à la drogue etc…

Et pourtant, ce sont des phénomènes qui peuvent être évités si seulement l’enfant bien est informé et encadre. C’est ici que nous rappelons la vision de cette campagne qui n’est rien d’autre que celle de faire de la prévention et de la sensibilisation une stratégie la plus efficace pour lutter contre ces maux.

5. JE PROTEGE MON REVE…. pourquoi le choix porté sur les élèves ? que les adultes ?

R/ Les adolescents vous le savez , sont confrontés à des difficultés, à des problèmes, à des besoins et des défis différents en fonction de tranche d’âge, du sexe, de la situation matrimoniale, de scolarisation, du niveau socio-économique voire le milieu dans lequel ils vivent et évoluent.

Cependant nous n’avons qu’un seul objectif en organisant cette campagne en milieu scolaire parce que les élèves sont l’avenir de tout un pays.

Une fois sensibilisés, informés et orientés, c’est toute une nation qui est rassurée de voir un lendemain meilleur.

Dans cette campagne qui cible les jeunes de 10 à 24, nous voulons arrêter l’hémorragie dès l’enfance.

L’objectif est de sensibiliser, d’informer et d’orienter sur ce qui est important, essentiel et préparer une jeunesse capable d’opérer un choix judicieux quelques soient le temps ou circonstances.

6. Un message pour la jeunesse !

Vous savez, tout pays qui se veut sérieux, commence d’abord à préparer la relève. La jeunesse est cette relève.

R/ Rien ne vaut une jeunesse passionnée et passionnante. Ensemble nous pouvons rêver grand et tout depend des pensées de chacun. Le rêve est permis mais sa réalisation demande beaucoup des choses et beaucoup des principes. En vous protégeant vous protégez aussi vos rêves.

D’ailleurs la campagne est dénommée : 《JE PROTEGE MON REVE》. Tout simplement par ce que chaque enfant a un rêve à réaliser, mais il se fait que beaucoup voient leurs rêves être brisés par manque d’encadrement, d’orientation et d’information. Pour le cas de la jeune fille par exemple, selon l’OMS dans le monde, près de 2 millions de jeunes filles âgées de moins de 15 ans accouchent chaque année. En d’autres termes, une adolescente sur cinq de moins de 15 ans a déjà eu 1 enfant.

« La jeunesse doit aussi se laisser préparer, se laisser informer pour que demain qu’elle soit réellement l’avenir de toute la République Démocratique du Congo.«

Ainsi, c’est par ces paroles encouragantes que Madame l’honorable Nkenge Déborah a bouclé cette interview riche sur l’éducation et la santé de la jeune fille à priori.

La Rédaction Infosmonde.net/Titre Réveil Congo

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