La mort de Wivine Mapathi le week-end dernier, vient s’ajouter à une série de faits d’insécurité signalés ces dernières semaines à Kinshasa. Selon le site « Nouveau Média », la jeune femme aurait été enlevée puis violemment agressée avant d’être abandonnée dans une rue de la capitale. Selon ses proches, elle avait été plongée dans le coma et est décédée quelques jours plus tard.
Sa famille a porté plainte contre inconnu et demande que les circonstances de cette agression soient établies, que les auteurs présumés soient identifiés et qu’ils soient traduits en justice.
Ce décès intervient dans un contexte marqué par des informations faisant état d’enlèvements, d’assassinats et d’autres actes de criminalité dans plusieurs communes de Kinshasa, notamment à Makala, Selembao, Mont-Ngafula et N’Sele.
Des députés demandent des mesures urgentesLa situation sécuritaire dans les communes de Makala et Selembao a récemment été évoquée à l’Assemblée nationale. Lors d’une plénière, le député national Eric Tshikuma, élu de la Funa, a fait état de plusieurs décès par balles enregistrés à Makala au cours du mois de juillet.
Il a proposé l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’identifier les auteurs, coauteurs et éventuels complices des violences, qu’ils soient civils ou membres des forces de sécurité. L’élu demande également la mise en place d’un plan d’urgence de sécurisation.
Eric Tshikuma souhaite que le gouvernement présente un rapport circonstancié à l’Assemblée nationale et que les ministres concernés soient auditionnés par la commission Défense et Sécurité. Il propose également le déploiement d’une mission parlementaire chargée d’évaluer la situation sécuritaire dans différents quartiers de Kinshasa.
À Makala et Selembao, plusieurs cas de violences mortelles ont été rapportés. Des accusations visant certains éléments en uniforme sont également formulées et nécessitent des enquêtes pour établir les responsabilités.
Une gouvernance sécuritaire à revoirDans une interview accordée à Média Congo Press, Florimond Muteba, président du conseil d’administration de l’Observatoire de la dépense publique (Odep), estime que la recrudescence de l’insécurité révèle des faiblesses dans la gouvernance sécuritaire.
Selon lui, la croissance démographique de Kinshasa impose une réévaluation du dispositif de sécurité. Il plaide pour une réforme en profondeur de la gouvernance sécuritaire et une meilleure adaptation des moyens aux réalités de la capitale.
Florimond Muteba appelle également les autorités à accorder davantage d’attention aux préoccupations quotidiennes de la population, notamment la sécurité, plutôt qu’aux seuls débats institutionnels et politiques.
Les propositions formulées par les acteurs convergent sur plusieurs points : renforcer les enquêtes, améliorer la coordination des services de sécurité, contrôler les opérations sur le terrain et garantir des poursuites judiciaires lorsque des responsabilités sont établies.
La mort de Wivine Mapathi relance ainsi le débat sur la capacité des autorités à répondre durablement à l’insécurité à Kinshasa. Au-delà de l’enquête attendue sur son décès, les élus et acteurs de la société civile demandent des mesures à la fois immédiates et structurelles pour mieux protéger les populations.

