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Société

Enlevé ensuite libéré, Dupont Ntotila raconte : « Ce que j’ai vécu, c’était la mort pour moi »

Depuis plusieurs mois, la ville de Kinshasa est confrontée à une recrudescence inquiétante des enlèvements, parfois suivis de meurtres ou de libérations in extremis. Ces actes criminels se déroulent souvent en plein jour, notamment au centre-ville, sous couvert d’uniformes et de véhicules assimilés aux services de sécurité, semant ainsi la peur au sein de la population.

Le dernier cas en date concerne Dupont Ntotila, âgé d’une trentaine d’années. Il a été enlevé le 26 janvier dernier sur le boulevard du 30 Juin, à hauteur du bâtiment de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Abandonné plusieurs jours plus tard à Mbanza, un village situé dans la commune de Maluku, à la frontière avec la province de l’ex-Bandundu, il a accepté, alors qu’il était encore hospitalisé, de livrer son témoignage à Média Congo Press.

« L’un d’eux portait l’uniforme de la police », raconte-t-il. Selon son récit, il se trouvait à l’arrêt de la CNSS lorsqu’il est monté à bord d’un véhicule de type Noah, en direction de la Gare centrale. À l’intérieur se trouvaient déjà un chauffeur, un homme en uniforme de la police assis à l’avant et une dame à l’arrière. Deux jeunes filles sont également montées.

Le trajet s’est déroulé normalement jusqu’à hauteur de l’avenue des Huileries. « Ils ont brusquement remonté les vitres, sorti des armes et nous ont menacés. Ils ont dit que toute personne qui crierait serait abattue », explique-t-il. Les passagers ont ensuite été bandés des yeux et injectés d’un produit présenté comme un somnifère.

À son réveil, Dupont Ntotila affirme s’être retrouvé dans une grande parcelle, entouré de personnes cagoulées. Après plusieurs jours de captivité et de mauvais traitements, il a été transféré dans un autre lieu où se trouvaient d’autres personnes enlevées, toutes ligotées. Sa libération demeure inexpliquée.

Affaibli et toujours hospitalisé, il confie : « Ce que j’ai vécu, c’était la mort pour moi ».

Face à la multiplication de ces enlèvements, souvent attribués à des criminels opérant en uniforme de la Police nationale congolaise et à bord de véhicules Noah, plusieurs voix appellent les autorités à renforcer la sécurité, à identifier les réseaux impliqués et à mettre un terme à cette vague d’insécurité qui traumatise la population kinoise.

Tiré du Journal La Référence Plus/Titre et photo Réveil Congo

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