La cité de Kamuesha, dans le territoire de Tshikapa (province du Kasaï), a été secouée par de violents affrontements dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 août 2026, après la mort par balle du chef du village de Bena Bowa lors d’une intervention de la Police nationale congolaise (PNC). En représailles, des habitants en colère ont incendié le sous-commissariat de la police.
Selon plusieurs sources locales concordantes, les tensions sont parties d’une opération policière menée dans le cadre d’une enquête sur un présumé vol de batteries. Après l’interpellation de plusieurs suspects, ceux-ci seraient parvenus à s’échapper. Les policiers auraient alors procédé à l’arrestation de leurs épouses, une décision vivement contestée par la population.
Alerté par la situation, le chef coutumier de Bena Bowa s’est rendu au sous-commissariat afin de plaider en faveur de la libération des femmes, estimant qu’elles ne pouvaient être tenues responsables des actes présumés de leurs maris. D’après les témoignages recueillis sur place, les échanges auraient rapidement dégénéré.
Au cours de l’incident, un policier aurait fait usage de son arme à feu, atteignant mortellement le chef coutumier. Transporté en urgence à l’hôpital général de Kamuesha, celui-ci a succombé à ses blessures malgré les tentatives des équipes médicales.
L’annonce de son décès a provoqué une explosion de colère au sein de la population. Des manifestants ont pris d’assaut le sous-commissariat de la PNC avant d’y mettre le feu. Selon les mêmes sources, le corps de la victime est resté pendant un certain temps devant les installations incendiées, symbole de la vive indignation des habitants.
À ce stade, les circonstances exactes ayant conduit à l’usage de l’arme à feu n’ont pas encore été établies de manière officielle. Aucune communication des autorités policières ou administratives n’avait été faite au moment de la rédaction de cet article.
Face à cette situation, les habitants de Kamuesha réclament l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur ce drame, d’identifier les responsabilités et de traduire les auteurs devant la justice. Ils appellent également les autorités provinciales et nationales à intervenir rapidement pour rétablir le calme et éviter une nouvelle escalade de la violence.
Dan Narcis Nzuji

