La panique et l’indignation gagnent le secteur de Lunyeka, en territoire de Tshikapa, dans la province du Kasaï, après qu’un crocodile en état de décomposition avancée a été consommé par plusieurs habitants. Ce fait survient alors que la province est déjà confrontée à l’épidémie de la maladie à virus Ebola.
Selon le témoignage d’un habitant recueilli par Reveil-congo.net, l’animal avait été retrouvé mort depuis plus de 48 heures dans la rivière Lutshimu. Alertés, les services de l’État n’ont pas réussi à empêcher que le reptile soit découpé et distribué à la population.
« Le crocodile dégageait déjà une forte odeur, mais certains ont quand même osé le consommer », rapporte une source locale.
Une pratique fermement condamnée par les autorités sanitaires locales. Corneille, membre du Comité de Suivi des Actions du Chef de l’État (COSACE) basé à Lunyeka, rappelle les consignes strictes édictées par le gouvernement provincial :
« Le gouvernement provincial a interdit de toucher ou de manger des animaux retrouvés morts, surtout en cette période de lutte contre Ebola. De tels actes risquent de provoquer d’autres maladies, car l’origine de cette mort reste inconnue », a-t-il déclaré.
La société civile du secteur s’est également insurgée contre ce comportement jugé irresponsable et exige des sanctions exemplaires contre les auteurs de la consommation de la viande du reptile. Selon elle, ce geste expose toute la population à de graves risques sanitaires.
Par ailleurs, une autre question suscite inquiétude et curiosité : qu’est devenue la vésicule biliaire du crocodile, appelée localement nyonga ngandu ? Considérée comme un poison extrêmement dangereux pour l’être humain, sa disparition alimente les craintes dans la communauté.
Alors que l’épidémie d’Ebola exige vigilance, discipline et prévention, cet incident met en lumière l’urgence d’un renforcement des actions de sensibilisation dans les communautés rurales du Kasaï afin d’éviter tout risque de contamination additionnel.
Isaka Kijana

