Face aux défis croissants liés à la mobilité urbaine et à la cohabitation parfois tendue entre motocyclistes et forces de l’ordre, le bourgmestre de la commune de Kisenso, Godé Atswel, a réaffirmé sa vision d’une gouvernance de proximité fondée sur l’encadrement plutôt que sur la répression. Lors d’un échange avec les services de sécurité, l’autorité municipale a plaidé pour une approche inclusive visant à mieux structurer le secteur des motards, acteurs incontournables du transport urbain à Kinshasa.
Pour le bourgmestre, il est essentiel de faire la distinction entre les motocyclistes qui perturbent l’ordre public et ceux qui exercent leur activité de manière honnête. Selon lui, la multiplication des tracasseries et des tensions sur la voie publique trouve souvent son origine dans un déficit d’organisation, de sensibilisation et de dialogue. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’un partenariat actif entre les motards, les forces de l’ordre et la maison communale, estimant que seule une collaboration constructive peut garantir la paix sociale et la sécurité routière.
Godé Atswel a également mis l’accent sur l’identification et l’enregistrement des motocyclistes opérant à Kisenso. Une telle démarche permettrait, selon lui, de responsabiliser les conducteurs, de faciliter la communication avec les autorités et de professionnaliser progressivement le secteur. « Un motard connu et encadré est plus facile à responsabiliser qu’un motard marginalisé », a-t-il rappelé, tout en invitant les conducteurs à respecter le code de la route et les décisions locales. Il a enfin rassuré que la maison communale demeure disposée à accompagner toute initiative allant dans le sens de la structuration du métier.

Une descente sur le terrain pour faire respecter l’ordre
Cette vision d’autorité équilibrée s’est traduite concrètement sur le terrain le vendredi 16 janvier, lorsque le bourgmestre de Kisenso a effectué une descente sur la route Mulele, actuellement en pleine construction. Constatant la circulation anarchique de motocyclistes et de chauffeurs sur cet axe pourtant fermé, l’autorité municipale a ordonné l’interpellation des contrevenants.
Selon Godé Atswel, cette mesure visait avant tout à garantir la sécurité des usagers, à protéger les ouvriers présents sur le chantier et à préserver la qualité des travaux en cours. Il a rappelé qu’aucun véhicule n’est autorisé à emprunter cette route avant son ouverture officielle, soulignant que le non-respect des consignes constitue une violation manifeste de l’autorité de l’État.
La route Mulele, a-t-il précisé, revêt une importance stratégique pour la fluidité du trafic entre les communes de Matete et Kisenso. Son ouverture permettra de désengorger sensiblement la circulation dans cette partie de la capitale. Alerté par les entreprises chinoises en charge des travaux sur les risques encourus, le bourgmestre a jugé nécessaire d’intervenir personnellement afin de rétablir l’ordre.
À travers cette action, Godé Atswel réaffirme une ligne de gouvernance claire : dialogue et encadrement, mais fermeté face à l’indiscipline, dans le respect de l’intérêt général et de l’autorité publique.
Aubin Kandembi

