La CAN 2025 restera comme une édition charnière dans l’histoire du football africain. Pour la première fois depuis l’ère moderne de la compétition, les quatre sélectionneurs qualifiés pour les demi-finales sont tous Africains. Walid Regragui (Maroc), Hossam Hassan (Égypte), Pape Thiaw (Sénégal) et Éric Chelle (Nigeria) ne symbolisent pas seulement une réussite sportive, mais l’affirmation d’un continent capable de penser, diriger et gagner par lui-même, au plus haut niveau.
Pendant longtemps, les bancs des grandes sélections africaines ont été dominés par des entraîneurs étrangers, présentés comme les garants du sérieux tactique et de la réussite. Cette CAN démontre que ce modèle n’est plus une fatalité.
Depuis plusieurs éditions déjà, la victoire finale échappe aux « sorciers blancs », et le dernier carré 2025 vient consacrer une tendance lourde : la compétence africaine n’est plus une alternative, mais une référence. Dans un tournoi élargi à 24 nations, cette performance collective prend une dimension encore plus forte.
Ces sélectionneurs incarnent une génération nouvelle, forgée par l’expérience du très haut niveau. Tous anciens internationaux, ils connaissent le poids du maillot, la pression populaire et les réalités culturelles de leurs équipes. Mais ils apportent aussi une vision moderne du jeu, nourrie par des parcours en Europe et des succès marquants, du Mondial 2022 au CHAN, en passant par de précédentes campagnes continentales. Ils représentent cette “troisième voie” africaine : enracinée localement, mais ouverte sur le monde.
Quelle que soit l’issue de la finale à Rabat, la CAN 2025 aura déjà livré son message essentiel. L’Afrique n’est plus seulement un réservoir de talents bruts, elle est devenue un continent de savoir-faire, de leadership et d’ambition assumée. Sur la pelouse comme sur les bancs de touche, le football africain avance désormais avec ses propres voix, ses propres idées et une fierté retrouvée.
Guelord Lubonzu

