Le football congolais traverse une zone de fortes turbulences, et l’alerte vient cette fois d’une voix respectée du milieu sportif. Invité dans l’émission Parcours sur Top Congo FM, l’ancien international et actuel vice-président de la Commission de gestion de la Linafoot, Eugène Kabongo Ngoy, a remis sur la table une question essentielle : quel est l’engagement réel de l’État dans l’organisation des compétitions nationales ?
Selon lui, l’instabilité qui secoue les championnats n’est pas le fruit du hasard. Elle découle d’un manque d’accompagnement structuré de la part des autorités publiques, alors même que le gouvernement multiplie les partenariats extérieurs dans le secteur du sport. Kabongo Ngoy estime que cette orientation politique laisse de côté les réalités du terrain, où clubs, infrastructures et organisateurs fonctionnent dans des conditions fragiles.
La saison 2025 en témoigne. Plusieurs matchs ont été perturbés par des mouvements de grève d’agents publics du ministère des Sports, provoquant reports et annulations. À cela s’ajoutent des moyens financiers insuffisants qui compliquent l’organisation régulière des compétitions et pèsent lourdement sur les clubs, déjà confrontés à des budgets précaires et à des coûts de déplacement élevés.
Pour Kabongo Ngoy, la solution passe par une réorientation urgente des priorités. Il plaide pour un financement durable des championnats, qu’il considère comme la vitrine la plus authentique du football national. Sans une politique sportive cohérente et assumée, prévient-il, la RDC continuera à avancer dans l’incertitude, au détriment des joueurs, des staffs techniques et de l’ensemble du développement du football congolais.

