À une époque où la gestion de la res publica demeure contrastée, marquée par des choix de responsables étatiques souvent dictés par des considérations politiques, des affinités personnelles ou des calculs d’alliances, la voix de Raïssa Tshikandama, consultante en communication et actrice engagée du développement social, vient rompre le silence. Dans une réflexion lucide et incisive, elle ouvre un débat crucial : pourquoi cantonner les finalistes de l’École Nationale d’Administration (ENA) à l’administration publique, alors que leurs compétences pourraient être mises au service direct du gouvernement ?
Cette interrogation résonne particulièrement dans le contexte actuel, au lendemain de l’annonce du gouvernement dit Suminwa II, qui suscite murmures et mécontentements au sein de la société. Certains visages nommés peinent à incarner les aspirations profondes du peuple. Pour Mme Raïssa Tshikandama, l’enjeu est clair : « Dans toute démocratie digne de ce nom, un gouvernement solide ne se construit pas sur des alliances éphémères ni sur des promesses électorales, mais sur un socle indiscutable : la compétence, la formation et l’expérience. »
C’est dans cet esprit qu’elle signe une tribune engagée, dont voici l’intégralité, parvenue à la rédaction d’Éveil.
POUR UNE NOUVELLE ÈRE : INTÉGRER LES DIPLÔMÉS DE L’ENA AU CŒUR DU GOUVERNEMENT
Dans toute démocratie digne de ce nom, un gouvernement solide ne se construit pas sur des alliances éphémères ni sur des promesses électorales, mais sur un socle indiscutable : la compétence, la formation et l’expérience.
Or, à l’heure où le gouvernement Suminwa II vient d’être formé, les débats s’enflamment. Comment s’étonner ? La nomination de personnalités dépourvues d’un véritable profil d’homme ou de femme d’État, choisies davantage pour leur proximité politique que pour leur savoir-faire interroge, et même inquiète. Cette pratique, vieille comme nos institutions, prive notre pays d’un atout majeur : ses talents formés pour servir la République avec rigueur et vision.
L’ENA, un gisement de compétence ignoré
L’École Nationale d’Administration (ENA) n’est pas un établissement comme un autre. Elle forge des femmes et des hommes capables de comprendre les rouages complexes de l’administration, d’anticiper les défis, et de proposer des solutions pragmatiques et novatrices.
Ces diplômés ne demandent pas un privilège, mais la possibilité d’apporter leur savoir-faire au service de la Nation. Leur intégration dans les hautes fonctions gouvernementales serait un choix stratégique, non un geste symbolique. Car en les nommant à des postes de décision, nous faisons le pari de l’excellence, de la rigueur et de l’innovation.
Un appel à la rupture avec le favoritisme
Aujourd’hui, l’ENA compte déjà dix promotions. Autant de générations prêtes à mettre leurs compétences au service du pays, à moderniser notre gouvernance et à instaurer une culture de performance. Les ignorer, c’est se priver volontairement d’une richesse nationale.
Nous en appelons directement au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi : que l’intégration des diplômés de l’ENA devienne une priorité nationale. Non par faveur, mais par exigence de résultats. Il est temps de rompre avec la logique des nominations dictées par les affinités, et de miser sur les compétences avérées.
Pour le bien de notre pays, faisons un choix clair : le professionnalisme plutôt que le clientélisme, la rigueur plutôt que l’improvisation, la vision plutôt que la complaisance.
L’intégration des diplômés de l’ENA dans les sphères de décision n’est pas une option : c’est une étape cruciale vers une gouvernance plus juste, plus efficace et plus tournée vers l’avenir.
La République mérite les meilleurs. Et les meilleurs, nous les avons déjà.
Raïssa Tshikandama Consultante en communication et engagée dans le développement social

