(Récit du Sénateur Salomon Kalonda, une des victimes de la barbarie de cet ancien Chef de l’Ex Demiap)
L’incarcération du général Christian Ndaywel doit nous inviter à une réflexion de fond. Comme beaucoup d’autres, j’ai été de son fait sauvagement et illégalement enlevé à l’aéroport de Ndjili, puis injustement détenu sur la base de mensonges. De ce douloureux épisode, je garde des séquelles qui m’imposent de suivre un traitement médical lourd et strict.
Mais au moins suis-je là, grâce à Dieu, pour en témoigner. Ma chère mère, elle, comme d’autres, n’a pas eu cette chance. A plus de 80 ans, elle a subi une perquisition inhumaine et très traumatisante. On lui arracha jusqu’aux cassettes du Coran et de prédication qu’elle écoutait chaque jour sur son transistor – le seul bien auquel elle était réellement attachée. De cette terrible épreuve, elle ne s’est jamais remise. Quelques mois plus tard, nous pleurions sa disparition. Ses cassettes demeurent à ce jour confisquées.
Un État ne se protège pas en confondant rumeurs et renseignements, mensonges et vérités, ni en s’en prenant aux honnêtes citoyens plutôt qu’aux véritables ennemis de la République. Sans services de renseignement républicains, professionnels et légalistes, aucun pays ne peut véritablement et durablement se défendre.
Puisse cette affaire, comme beaucoup d’autres, servir de leçon et nous inciter à bâtir en RDC un Renseignement professionnel et efficace, respectueux des intérêts de l’Etat comme des droits des citoyens.
Salomon Kalonda Della, Sénateur et Proche de Moïse Katumbi

