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RDC : sept ans après, le pouvoir de Félix Tshisekedi à l’épreuve des promesses et des réalités (Par Tigana Kanku)

RDC : sept ans après, le pouvoir de Félix Tshisekedi à l’épreuve des promesses et des réalités

Le 20 janvier 2019, Félix Tshisekedi accédait à la magistrature suprême, mettant fin à 18 années de règne de Joseph Kabila et consacrant le premier transfert pacifique du pouvoir depuis l’indépendance. À l’époque, son discours d’investiture portait une forte charge d’espoir : pacification du territoire, restauration de l’autorité de l’État, lutte contre la corruption, amélioration de la gouvernance et consolidation de l’État de droit. Sept ans plus tard, ces engagements se confrontent à une réalité plus complexe.

Le premier mandat du chef de l’État fut rapidement marqué par la rupture avec son prédécesseur et l’éclatement de la coalition FCC-CACH. Félix Tshisekedi se retrouve alors seul aux commandes, avec la lourde responsabilité d’imprimer sa vision. Réélu en 2023 pour un second mandat constitutionnel, il hérite cependant d’un pays fragilisé, notamment par la guerre persistante dans l’Est, où l’AFC-M23 impose une pression sécuritaire sans précédent.

Sur la question centrale de l’autorité de l’État, le bilan demeure mitigé. De l’arrière-pays jusqu’à la capitale, l’insécurité continue d’endeuiller des familles. Les violences armées, les banditismes urbains et les naufrages à répétition traduisent une gouvernance sécuritaire encore fragile. Kinshasa, vitrine du pays, illustre aussi ces limites. La ville s’enfonce dans des embouteillages monstres, les routes se dégradent chaque jour, l’assainissement reste déficient et les services publics peinent à répondre aux attentes des habitants. Malgré les propres remarques du président sur la gestion de la capitale, l’Hôtel de Ville n’a pas encore apporté des réponses structurelles aux problèmes quotidiens des Kinois.

La mauvaise gouvernance urbaine, pourtant dénoncée depuis 2019, reste un talon d’Achille. Inondations, désordre dans les transports, insalubrité et lenteur administrative renforcent le sentiment d’abandon dans une ville censée incarner la modernité promise par le pouvoir.

À l’Est, la situation demeure tout aussi préoccupante. Incapable d’imposer une solution strictement militaire, l’État se voit contraint d’explorer la voie du dialogue. Aujourd’hui, l’issue face à la crise sécuritaire et à la dégradation de l’espace politique passe inévitablement par une concertation nationale. Mais ce dialogue se heurte à plusieurs obstacles : durcissement du ton de l’opposition, méfiance sur les préalables, contestations sur la crédibilité des institutions et climat politique marqué par arrestations et tensions.

Kinshasa avait également sollicité l’appui des États-Unis dans la gestion de la crise de l’Est. Toutefois, sur le terrain, aucune évolution majeure n’a véritablement modifié la dynamique du conflit. Les populations continuent de vivre dans l’incertitude, pendant que la diplomatie peine à produire des effets concrets.

Tigana Kanku (Analyste Indépendant Congo Béton depuis Berlin)

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