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Politique

Kabila à la tête de la rébellion : les intellectuels congolais de l’étranger font bloc derrière Tshisekedi et prônent le dialogue sincère comme solution à la crise

FORUM DES INTELLECTUELS CONGOLAIS DE L’ÉTRANGER (FICE)

DÉCLARATION OFFICIELLE

Souveraineté, légitimité constitutionnelle, consultations pré-dialogue et paix en RDC

Le 13 Octobre 2016

Le Forum des Intellectuels Congolais de l’Étranger (FICE), attaché à la paix, à l’unité nationale, à la souveraineté populaire et à l’intégrité territoriale, suit avec préoccupation la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. Au regard des déclarations de l’ancien Président Joseph Kabila et des annonces relatives à son engagement dans une coalition politico-militaire associant des responsables de l’AFC/M23, le FICE réaffirme les principes suivants.

1. Légitimité des institutions et respect de la Constitution

Les élections de décembre 2023, malgré les difficultés logistiques ayant marqué leur déroulement, ont conduit à la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle par la Cour constitutionnelle le 9 janvier 2024. Les institutions en fonction exercent leurs compétences dans l’ordre constitutionnel. Les articles 5, 69 et 91 de la Constitution consacrent la souveraineté du peuple, les obligations du Chef de l’État et les responsabilités du Gouvernement. Ces institutions ont l’autorité et le devoir d’engager, dans le respect de la loi, les initiatives nécessaires au dialogue entre Congolais, à la paix dans l’Est et à la défense de l’intégrité territoriale.

Le dialogue doit consolider la République et l’État de droit, jamais substituer la force à la volonté souveraine du peuple.

2. Consultations pré-dialogue : donner la parole au peuple

Le FICE soutient de larges consultations préalables dans les 26 provinces et auprès de la diaspora. Les victimes des conflits, les citoyens, les femmes, les jeunes, les confessions religieuses, les autorités coutumières, les intellectuels et les organisations de la société civile doivent pouvoir s’exprimer sur les causes de la crise et l’avenir de la Nation. Les résultats de cette écoute doivent orienter les travaux du dialogue national, et non servir à valider des arrangements politiques déjà conclus.

Le véritable dialogue commence par l’écoute du peuple, non par le partage préalable du pouvoir.

3. Droit à la vérité et témoignages des victimes

Le FICE s’inquiète de toute tentative de discréditer ou d’empêcher ces consultations. Pourquoi craindre la libre parole des Congolais, sinon parce qu’elle pourrait faire émerger des témoignages longtemps étouffés ? Les victimes des massacres, crimes de guerre, viols, déplacements forcés et collaborations présumées avec des forces étrangères doivent pouvoir être entendues. Leurs témoignages doivent être protégés, examinés avec rigueur et, s’il y a lieu, transmis à la justice, dans le respect de la présomption d’innocence.

La réconciliation ne peut se bâtir sur le silence des victimes, la dissimulation des faits ou la confiscation de la parole populaire.

4. Déclarations de Joseph Kabila et rejet de la voie armée

Le FICE reconnaît à tout ancien dirigeant le droit de critiquer la gouvernance et de participer au débat démocratique. Il exprime toutefois sa vive préoccupation et sa réprobation face aux annonces relatives à la désignation de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), coalition comprenant des responsables de l’AFC/M23. Le soutien militaire du Rwanda au M23 a été documenté par des experts des Nations unies. Cette situation appelle une clarification sans équivoque sur le rejet de la violence, la protection des civils et la défense de l’intégrité territoriale.

On ne saurait appeler à la paix et au dialogue tout en envisageant les armes pour imposer une alternative aux institutions constitutionnelles.

5. Dépôt des armes, pardon et réparation

Le FICE accueille favorablement l’appel du Chef de l’État aux groupes armés pour qu’ils déposent les armes et réintègrent pacifiquement la communauté nationale. Le renoncement sincère à la violence doit ouvrir une voie au repentir, au pardon, à la réparation et à la réinsertion, selon les lois de la République. Cependant, les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, actes de génocide et violences sexuelles graves ne sauraient être effacés par le seul désarmement. Les droits des victimes, la justice et les mécanismes de réparation demeurent essentiels.

Le dépôt des armes ouvre la porte à la paix ; la vérité, la justice et la réparation ouvrent celle d’une réconciliation durable.

6. Un dialogue souverain, conduit par les Congolais

Le FICE soutient un dialogue inclusif, sous responsabilité congolaise et en République Démocratique du Congo, dans le respect de la Constitution. L’accompagnement des partenaires étrangers et des mécanismes régionaux peut faciliter la paix, sans leur transférer le pouvoir de décider de l’avenir institutionnel du Congo.

L’accompagnement international doit soutenir la volonté du peuple congolais, jamais se substituer à elle.

7. Paix à l’Est, dans les autres zones de guerre et intégrité territoriale

Le retour de la paix dans l’Est exige la cessation des hostilités, la protection des civils, l’assistance aux déplacés, le rétablissement de l’autorité de l’État et la fin de tout soutien extérieur aux groupes armés. Le FICE encourage des actions diplomatiques, sécuritaires, humanitaires et judiciaires coordonnées, dans le respect du droit national et international.

La paix ne se résume pas à un accord entre dirigeants : elle exige la sécurité des populations, la justice et la pleine souveraineté de l’État.

8. Diaspora et responsabilité patriotique

Partie intégrante de la Nation, la diaspora doit participer aux consultations, aux propositions de paix et à la refondation de l’État. Le FICE appelle toutes les forces vives à dépasser les ambitions individuelles, les intérêts partisans et les divisions communautaires pour privilégier l’intérêt supérieur du Congo.

Le Congo a besoin d’un dialogue qui rassemble, d’une paix fondée sur la justice et d’une réconciliation qui fortifie la République.

 NOTRE CONVICTION

 La paix, oui ! Le dialogue, oui ! La réconciliation nationale, oui ! Mais dans le respect de la Constitution, de la souveraineté populaire et de l’intégrité territoriale.

 

Les institutions ont le devoir de protéger la République ; le peuple a le droit d’être consulté ; les armes doivent être déposées et les victimes entendues.

 

« Le Congo ne doit ni être pensé ailleurs, ni décidé ailleurs. Il doit être construit par les Congolais, pour les Congolais et sur la terre du Congo. »

Vive la République démocratique du Congo ! Vive l’unité nationale !

Pour le FICE

Le Président International

Prof. Dr. Ngoie Joel Nshisso

 

FICE Belgique                      FICE Royaume Uni                         FICE Suisse                         

Luc Vierendeels                     Mathieu Mudingayi                           Dr. Mukundji Richard

Dr. M. Pongo Arlette

 

FICE Etats Unis                                                      FICE RDC

Dr. Mbuyi Marie Claire                                             Théophile Kabasu

Christian Mukuna Bwatshia                                      Alvine Tshitamba

 

 

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