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Revue de presse : le Sommet SADC-EAC a-t-il répondu aux attentes de Kigali, de Kinshasa ou de la population congolaise ?

Ouvrons le bal avec le Journal Le Potentiel qui largue à la Une : « Agression rwandaise. Les résolutions issues du Sommet conjoint EAC-SADC laissent un goût d’inachevé ». Au cours du développement de sa Une, ce quotidien évoque des décisions qui passent pour une humiliation aux yeux des Congolais qui subissent les affres de la guerre d’agression de la part d’un voisin qui a délibérément décidé de violer l’intégrité territoriale d’un Etat souverain et d’y commettre les plus graves exactions, sous le regard complice et complaisant de la communauté internationale.

Selon ce quotidien, aucune de toutes les vingt-deux résolutions issues de ces assises ne condamne l’agression rwandaise, excepté la résolution n° 18 au terme de laquelle le Sommet EAC-SADC a réaffirmé sa solidarité avec la République Démocratique du Congo et son engagement indéfectible à la soutenir dans sa quête de préservation de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale et dans sa volonté d’instaurer durablement la paix et la sécurité et d’assurer le développement.

Bien au contraire, il renvoie Congolais et Rwandais dos-à-dos à des pourparlers politiques et il a exigé la reprise des négociations et du dialogue directement avec l’ensemble des parties étatiques et non étatiques (militaires et non militaires), y compris le M23, et ce dans le respect du processus Luanda/Nairobi (Résolution 14).

La Référence Plus souligne, comme le Potentiel, qu’aucune « condamnation du Rwanda par le sommet EAC-SADC ». Après les résolutions du Conseil des droits de l’homme, Kinshasa s’attendait du sommet conjoint EAC-SADC, outre un cessez-le-feu immédiat, la condamnation ferme du Rwanda pour son agression de la RDC, le retrait immédiat des troupes rwandaises des localités congolaises qu’elles occupent illégalement, la réouverture de l’aéroport de Goma pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire en faveur des populations, ainsi que la restitution de la ville aux autorités congolaises officiellement établies. Malheureusement, il n’y a eu aucune condamnation du Rwanda pour son implication dans le conflit. En revanche, le sommet cautionne l’occupation de la ville de Goma et de toutes les autres localités du Nord[1]Kivu et du Sud-Kivu, qui sont sous contrôle de l’armée rwandaise et ses supplétifs M23 et AFC. Tenez, au point 10 alinéa b et 12, alinéas a et c du communiqué conjoint, il est recommandé :  » le rétablissement des services publics essentiels et des voies d’approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits de base essentiels afin que soit assurée l’aide humanitaire ; … (a)L’instauration d’un cessez-le-feu et la cessation des hostilités, immédiates et sans conditions. (c) L’élaboration d’un dispositif de sécurisation de la ville de Goma et des zones environnantes « . Mais ici, le sommet conjoint reste muet sur qui va administrer la ville de Goma ! A ces points, le sommet EAC-SADC reste non seulement dubitatif, mais démontre l’ambigüité de sa position. Il y a une caution tacite accordée aux rebelles du M23 et AFC, soutenus par le Rwanda qui tire les ficelles, à continuer d’occuper des pans entiers du territoire congolais. Par ailleurs, dans le même document en son point 17, il est écrit :  » Le Sommet conjoint a recommandé que les modalités de re[1]trait des forces armées étrangères non invitées du territoire de la République Démocratique du Congo soient élaborées et mises en œuvre « .

Cette condamnation ne cite pas ces formes armées étrangères non invitées. En tout état de cause, outre les casques bleus de l’ONU sous la bannière de la MONUSCO et les militaires de la SADC, celle invitée par la RDC est connue. Il s’agit de l’armée burundaise. Quelles sont ces autres forces non invitées auxquelles fait allusion ce communiqué conjoint EAC-SADC ?

 » C’est quand même une avancée « , c’est l’impression que semble donner Kinshasa, dont une source de la présidence congolaise a concédé :  » On a répondu à certaines de nos demandes. L’objectif reste la désescalade de la violence et l’amélioration de la situation humanitaire. « 

« Sommet SADC-EAC, que d’espoirs déçus ! », déplore Journal Le Journal.  D’après ce journal, ce sommet, a accouché d’une souris en ordonnant que des modalités de retrait des forces armées étrangères non invitées du territoire de la RDC soient élaborées et mises en œuvre, pendant qu’il y a urgence de voir les militaires rwandais quitter une partie du Nord-Kivu occupée.

En outre, le Sommet conjoint a ordonné la reprise des négociations directes et du dialogue avec toutes les parties étatiques et non étatiques (militaires et non militaires), y com[1]pris le M23 et dans le cadre du processus de Luanda/ Nairobi. C’est du déjà entendu qui ne rassure pas les analystes, surtout que le Sommet conjoint a aussi appelé à la mise en œuvre du Concept d’opérations (CONOPS) du plan harmonisé de neutralisation et à la levée des mesures défensives du Rwanda/désengagement des forces de la RDC comme convenu dans le processus de Luanda.

Quid de l’absence de Burundi, de l’Afrique du Sud et de l’Angola ? s’interroge le Journal Le Quotidien dans un intertitre.

Si le sommet extraordinaire conjoint de Dar-Es- Salam a réussi à réunir plusieurs chefs d’Etat et des Gouvernements de ces deux organisations régionales africaines, il n’en est cependant pas pour d’autres qui sont présentés à ce jour comme les alliés de la République démocratique du Congo. Il s’agit de l’Angola, du Burundi et de l’Afrique du Sud qui se sont fait représentés à l’instar de Félix Tshisekedi représenté par la première ministre Judith Suminwa.

Selon certaines indiscrétions, ces trois « Alliés de la RDC » n’auraient pas voulu cautionner ce que d’autres pays ont déjà fait en manifestant clairement et sans gêne leurs soutiens au Rwanda. Alors que Cyril Ramaphoza de l’Afrique du Sud n’a pas caché sa solidarité envers son homologue Félix Tshisekedi et à son peuple au lendemain de l’occupation de Goma par l’armée rwandaise, ce qui a même coûté la vie à certains soldats sud-africains membres de la force de la SADC en RDC, Sami DRC lors des affrontements avec les forces loyalistes congolaises. Il est de même pour Evariste Ndayishimiye du Burundi qui a déployé des militaires à la frontière avec la RDC pour faire face à une éventuelle attaque rwandaise sur son territoire. João Lourenço de l’Angola et médiateur du processus de Luanda, lui aussi, s’est toujours montré opposé à l’agression rwandaise sur le sol congolais. L’absence des « Alliés de la RDC » au Sommet de Dar-Es Salam démontre qu’il y a deux camps qui se sont créés au sujet de la crise sécuritaire en RDC.

Restons avec le Quotidien, qui titre à la page 4 « Sommet conjoint SADC-EAC : un complot contre la RDC », où il rapporte les opinions des acteurs de l’union sacrée et de l’opposition sur les conclusions du sommet SADC-EAC du samedi 08 février.

Les résolutions issues de la rencontre de Dar-Es–Salam sur la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo qui a réuni conjointement la Communauté pour le développement de l’Afrique australe et la communauté des Etats de l’Afrique de l’Est n’ont pas laissé indifférente l’opinion nationale congolaise tant dans le chef des acteurs politiques que des confessions religieuses. Interrogé sur la question, les sociétaires de l’Union Sacrée de La nation ont eu des mots justes pour condamner l’attitude de ces deux organisations régionales africaines qui, selon eux ont démontré leur complicité à ne pas aider la République démocratique du Congo à sortir de cette crise sécuritaire due à l’agression rwandaise dont elle est victime depuis 30 ans.

 Selon Felly Kayembe, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, il est inadmissible pour une telle rencontre de haut niveau sur laquelle plusieurs Congolais ont fondé leur espoir quant à la résolution de la crise sécuritaire de leur pays, ne pas condamner fermement le Rwanda reconnu mondialement comme pays agresseur de la RDC. Et ce n’est pas pour rien que le Président de la République, Félix Tshisekedi a refusé d’y participer car rien de bon ne pouvait y sortir.

« C’est une déception pour les Congolais de voir la rencontre de Dar-Es-Salam était incapable de condamner le Rwanda qui agresse notre pays et dont les preuves ont été démontré par les rapports des experts des nations unies. Il s’agit de l’incapacité de la SADC et de l’EAC de trouver une solution à la crise sécuritaire qui se vit dans notre pays. Au contraire, on nous a demandé de négocier avec le M23, ce qui ne se fera jamais », a déclaré ce cadre de L’UDPS. Face à ce qu’il qualifie de l’injustice et de complot contre la RDC, Felly Kayembe est convaincu que tous les territoires et autres parties du pays sous occupation des agresseurs seront récupérés y compris la ville de Goma grâce à la bravoure des forces loyalistes soutenues par les « Wazalendo ».

De son côté, le porte–parole de Lamuka, Prince Epenge a qualifié les résolutions de ce sommet conjoint « d’une vaste comédie ». Il appelle les Congolais à une prise de conscience de leur destin car la solution au problème congolais revient aux Congolais seuls. « Les sommets se succèdent mais tous se rassemblent. Ces chefs d’Etats de la SADC et de EAC étaient tous en face de Kagame et personne n’a eu le courage de le condamner ni condamner le Rwanda », a indiqué Prince Epenge. Et d’ajouter : « les supposées sanctions, les supposées mesures sont de la poudre de perlimpinpin. Voilà pourquoi la coalition Lamuka, nous préférons accorder crédit au processus de Kinshasa, à la démarche qui est amorcée par la CENCO et l’ECC. C’est une dé[1]marche qui consiste à pousser les Congolais à parler entre eux ».

D’après le Journal La Manchette, les assises de Dar es Salam du 08 février, n’ont donné « Aucune obligation pour le M23 de se retirer de Goma, pas non plus de condamnation du Rwanda et ni d’exigence du retrait de ses troupes de la RDC ».  « SADC-EAC sur la crise en RDC Kinshasa contraint de dialoguer avec toutes les parties militaires et non militaires », peut-on lire sur le titre.

Alors que la Rd-Congo attendait la condamnation du Rwanda  » pour son invasion de la ville de Goma « , et demandait le retrait immédiat des troupes rwandaises des localités congolaises qu’elles occupent illégalement ; les Chefs d’Etat de l’EAC et de la SADC n’ont fait nulle part mention de ces deux points cruciaux du Gouvernement congolais. Dans le communiqué final sanctionnant le sommet conjoint SADC-EAC tenue le samedi 8 février 2025 à Dar-es-Salam, en Tanzanie et portant sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la Rd[1]Congo ; ces derniers, ont juste recommandé  » que des modalités de retrait des forces armées étrangères non invitées du territoire de la Rd[1]Congo soient élaborées et mises en œuvre.  » En plus, le Sommet conjoint a ordonné  » la reprise des négociations directes et du dialogue avec toutes les parties étatiques et non étatiques (militaires et non militaires), y compris le M23 et dans le cadre du processus de Luanda/ Nairobi « . « Pourtant le président Félix Tshisekedi refuse jusque-là  » tout dialogue avec les rebelles », conclut ce journal.

De son côté, la délégation rwandaise a estimé que ce sommet a répondu aux attentes de Kigali.

Selon La Prospérité, le sommet a aussi exigé le retrait immédiat de l’armée rwandaise des territoires occupés en RDC et a également condamné l’activisme du M23, l’appelant à faire taire les armes sans conditions.

Cette quotidienne note que « Le Sommet extraordinaire conjoint de la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC) et la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) s’est tenu effectivement, du 7 au 8 février 2025 à Dar es Salam, en Tanzanie. C’est la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka qui a représenté la RDC, sur autorisation expresse du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à cette rencontre stratégique consacrée à question de l’Est du pays, victime d’une occupation irrégulière et injuste de l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23 et de l’AFC. Plusieurs autres Chefs d’État ont pris part à cet événement majeur. À l’issue des assises, le Sommet a pris une série de mesures urgentes dont le retrait immédiat de l’armée rwandaise des territoires occupés en RDC. Le Sommet de Tanzanie a également condamné l’activisme du M23, l’appelant à faire taire les armes sans conditions. Les Chefs d’État de la SADC et l’EAC ont rappelé la nécessité pourra RDC et le Rwanda à cesser la voie de la violence pour observer la voie déjà tracée par le Processus de Luanda pour préserver la paix dans la sous-région ».

En réaction du côté du gouvernement congolais, poursuit, dans un autre Chapitre la quotidienne de Mont-Fleuri, la RDC a salué les mesures prises au sommet SADC-EAC.

« Sommet EAC-SADC. La RDC salue le strict respect du principe de sa souveraineté et de non-ingérence », titre ce journal.

« A la suite du sommet conjoint des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) ainsi que de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), tenu samedi 8 février dernier dans la capitale tanzanienne, le Gouvernement de la RD. Congo salue le strict respect du principe de sa souveraineté et de non-ingérence prônée par les participants à ces assises », note la même source.

A cette occasion, réaffirme le gouvernement au travers de son Ministère de la Communication et Médias, le Gouvernement Congolais prend acte de l’adoption de la série de mesures prises à cet effet, notamment : le cessez-le-feu immédiat et la cessation des hostilités sans conditions ; l’acheminement urgent d’une assistance humanitaire, y compris le rapatriement des dépouilles et l’évacuation des blessés ; l’ouverture et la sécurisation des principaux axes logistiques, y compris les voies routières et lacustres ; la réouverture immédiate de l’aéroport international de Goma (§12e) ; la sécurisation de la ville de Goma et de ses environs (§12c). Et ce, tout en épinglant l’élaboration et la mise en œuvre de cette kyrielle de décisions, marquant une avancée décisive vers la fin de toute présence militaire non autorisée notamment, celle des RDF -troupes rwandaises- et de leurs supplétifs AFC/M23.

Forum des As titre : « Sommet conjoint SADC-EAC : Décisions clés pour la sécurité en RDC ». Le Sommet conjoint de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), tenu à Dar-es-Salaam, en Tanzanie, poursuit ce journal, a ordonné l’élaboration et la mise en œuvre de modalités pour le retrait des forces armées étrangères non invitées du territoire de la République démocratique du Congo. Dans son communiqué final, le Sommet a également exigé la reprise des négociations directes et du dialogue avec toutes les parties prenantes, qu’elles soient étatiques ou non étatiques, y compris le groupe armé M23. Ces discussions devront s’inscrire dans le cadre des processus de Luanda et de Nairobi.

Congo Nouveau affirme qu’avec cette résolution, les jours de Kagame et Nangaa sont comptés. Les deux personnes seraient dans le viseur dans la justice internationale pour les crimes commis sur le sol Congolais, conclut le tri hebdomadaire.

D’autres décisions découlant de cette rencontre concernent, selon La Tempête des Tropiques, l’élaboration d’un plan de sécurisation de la ville de Goma et des zones environnantes. Le Sommet conjoint a appelé à la mise en œuvre du concept d’opérations du plan harmonisé de neutralisation des FDLR et la levée des mesures défensives du Rwanda ainsi que le désengagement des Forces du territoire congolais tel que prévu par le Processus de Luanda, ajoute le journal.

La communauté « Grand Kivu » a salué dimanche 9 février, dans un communiqué, la fusion des processus de paix de Luanda et Nairobi, une recommandation du sommet conjoint SADC-EAC sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, fait remarquer l’Agence congolaise de presse. Cette fusion marque, selon les propos repris par l’agence, une avancée significative dans la quête de solutions durables aux conflits qui minent l’Est de la République démocratique du Congo.

Bouclons cette revue de presse avec Africa News qui souligne l’aspect « sans exclusive » des négociations recommandées par les assises de Dar es Salam. « Le Sommet conjoint EAC-SADC a vécu. Les dirigeants présents à Dar es Salaam ont négocié la fusion des processus de Nairobi et de Luanda pour laisser place à une seule plateforme de dialogue entre les parties prenantes. Outre les deux médiateurs kényan et angolais, des facilitateurs supplémentaires devraient être nommés afin de rendre ce nouveau processus plus inclusif. Alors que tout est à recommencer, EAC et SADC ont recommandé la neutralisation des FDLR et le désengagement des soldats rwandais, en même temps que la reprise des négociations directes avec les parties étatiques et non-étatiques, «y compris le M23». Ça serait donc un dialogue sans exclusive. Un peu comme les souhaitent les pères spirituels de la CENCO et de l’ECC. », indique ce journal.

Fin

La version télévisée sera mise en ligne vers 11h sur notre chaine Youtube Réveil Congo et sur la chaîne de Télévision GGTV (sur TNT)

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