Dans sa énième analyse parvenue à la Rédaction du Magazine Réveil Congo, le Professeur Paul-René Lohata tente d’explorer les dynamiques complexes de la controverse autour de la révision ou du changement de la Constitution en RD Congo. Teintée en quelque sorte des hypothèses et suppositions sur l’issue de cette lutte qui met aux prises l’opposition et la majorité présidentielle soudée au sein de l’Union Sacrée de la Nation, cette réflexion dresse un tableau captivant des forces en présence. Selon lui, d’un côté, la majorité présidentielle bénéficie d’un arsenal impressionnant : les moyens domaniaux, l’argent de l’État, la police, l’armée, les intellectuels acquis au pouvoir, la justice, les moyens de communication publics, et l’appui des autorités politico-administratives et leurs réseaux. A l’en croire, ces atouts, pourraient peser sur une potentielle victoire de Félix Tshisekedi. « Apparemment, vu l’ampleur des moyens non humains dont dispose la majorité, on dirait que Fatshi va l’emporter », estime-t-il.
Cependant, Professeur Lohata invite à ne pas se fier uniquement à cette « apparente supériorité ». Il souligne avec force que l’opposition dispose d’un pouvoir redoutable : la masse populaire, motivée par la misère, l’émotion, la pression sociale, et soutenue par les intellectuels organiques, la société civile, la diaspora, et les « damnés de la RDC ». Il renchérit que si la majorité semble dominer en termes de moyens institutionnels, l’opposition puise sa légitimité dans la souveraineté populaire, laquelle, en vertu de l’article 64 de la Constitution, peut se manifester de manière massive et imprévisible.
Avec cette perspective, Lohata pose une conclusion audacieuse : malgré les moyens impressionnants de la majorité, l’histoire au Congo-Kinshasa renseigne que le peuple, lorsqu’il agit en masse, peut renverser toutes les prévisions. Lisez cette analyse pour découvrir pourquoi le Professeur Lohata anticipe que, dans cette lutte acharnée, seule la souveraineté populaire décidera du dénouement, nonobstant les stratégies du pouvoir en place. (Réveil Congo). Bonne Lecture !
A chacun ses ressources. Dans cette lutte pour ou contre le changement de la constitution, opposant la majorité à l’opposition en Rdc, nous avons montré dans notre tribune de dimanche dernier que les deux acteurs disposent d’une même stratégie, mais les objectifs sont différents. L’atteinte de ces objectifs sont tributaires des moyens ou ressources.
Aucun d’entre les deux n’atteindra le maximum ou l’optimum des résultats, les moyens étant naturellement limités ; l’atteinte sera donc minimale ; voir la thèse de rationalité limitée (H. Simon). Dans ladite lutte donc, la majorité dispose des moyens domaniaux et l’argent de l’Etat, la police, l’armée, les intellectuels complices du pouvoir (PR Lohata), la justice, les moyens de communication de l’Etat, les autorités territoriales, les autorités politico-administratives et leurs familles et clients politiques ainsi que les fanatiques.
De son côté, l’opposition a la masse populaire (en raison de la misère), l’émotion, la pression, les intellectuels organiques, la société civile et associations, la diaspora et les damnés de la Rdc. Nous ne classons pas la communauté internationale en raison de ses positions changeantes au gré de ses intérêts et des rapports de forces entre les adversaires nationaux. Apparemment, vu l’ampleur des moyens non humains dont dispose la majorité, on dirait que Fatshi va l’emporter.
En réalité, c’est faux. D’abord, J. Kabila a eu les mêmes moyens, mais il n’a pas obtenu le troisième mandat. IL a été vaincu par le peuple et ses alliés de l’opposition. Dans cette logique (il n’y a jamais un sans deux), que Fatshi et les siens se préparent à accepter leur défaite.
Ensuite, le nombre est une ressource politique de taille (M. Duverger). Personne ne peut limiter le peuple, lequel agit toujours en masse. Même la constitution ne peut pas le limiter. Il a le pouvoir de souveraineté et il agit toujours en masse et cela est susceptible de donner naissance aux conséquences imprévisibles. L’article 64 permet le déclenchement de la résistance, mais est incapable de l’arrêter ou de délimiter ses conséquences.
Je n’ai pas peur d’être contredit, en écrivant que par présomption, le peuple remorqué par l’opposition l’emportera. Certes, au nom de la souveraineté populaire qui n’est pas à confondre avec la souveraineté nationale (J. J. Rousseau), la majorité contrôle une infime minorité du peuple, soit 1/10 et l’opposition en contrôle 9/10. Nul n’ignore que 90 % des Congolais sont pauvres contre 10 % de riches et privilégiés.
Professeur Lohata Tambwe Okitokosa Paul-René

