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Tribunes

RDC : Peter Kazadi recadre la CENCO !

Dans une tribune au ton ferme et assumé, le député national Peter Kazadi, ancien Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, réagit vigoureusement à la récente déclaration de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) sur la peine de mort. Intitulée « Notre réplique à la déclaration de la CENCO », cette prise de position dénonce ce qu’il qualifie de dépassement de rôle de l’Église catholique dans le débat politique et sécuritaire du pays.

Pour Peter Kazadi, la RDC est un État souverain régi par ses propres lois, et non une dépendance du Vatican. Il accuse certains prélats d’adopter des positions inspirées par des influences étrangères, au détriment des réalités congolaises et des victimes de la criminalité. L’élu rappelle que la laïcité de l’État impose une stricte séparation entre le spirituel et la gouvernance publique, et appelle la CENCO à revenir à sa mission première : éclairer les consciences, non dicter la loi. Il faut rappeler que les prélats catholiques se sont opposés, s’appuyant sur la bible et la crise actuelle, à la condamnation  à mort de Joseph Kabila.

Ci-dessous, prenez connaissance de sa tribune :


NOTRE REPLIQUE A LA DECLARATION DE LA CENCO

1. Une Église sortie de son rôle spirituel La dernière déclaration de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) sur la peine de mort dépasse de loin les limites du magistère ecclésial. Au lieu d’éclairer les consciences par la doctrine évangélique, certains prélats se sont transformés en procureurs moralisateurs, prétendant dicter à la République souveraine sa politique pénale et sécuritaire. Or, la RDC n’est ni un État ecclésiastique ni une colonie du Vatican. Les évêques n’ont reçu aucun mandat du peuple congolais pour s’ingérer dans la conduite des affaires de l’État.

 

2. Le devoir de l’État face au crime et à la barbarie Dans un contexte où les tueurs, les terroristes et les violeurs d’enfants narguent quotidiennement la justice, l’État congolais a le devoir impérieux de protéger la vie des innocents. C’est une exigence de souveraineté, de sécurité nationale et de justice. Condamner la peine de mort sans proposer une alternative crédible, c’est ignorer la douleur des victimes, humilier les familles endeuillées et encourager l’impunité. La clémence ne saurait être synonyme de faiblesse d’État.

3. Une position dictée par les puissances étrangères Derrière la façade humaniste de la CENCO se cache un agenda politique dicté par certaines chancelleries occidentales. Ces puissances qui financent généreusement les programmes de l’Église orientent ses prises de position au mépris des réalités congolaises. Le peuple congolais n’a pas besoin de leçons de morale de ceux qui, ailleurs, justifient la guerre, l’assassinat et l’injustice économique. Il appartient au gouvernement de la RDC — et à lui seul — de définir la politique criminelle adaptée à son contexte.

4. L’indécence morale d’une hiérarchie compromise Il est difficile de prendre au sérieux un sermon sur la morale venant d’une institution dont certains responsables ont publiquement reconnu avoir reçu de l’argent de la part d’acteurs politiques identifiés comme ennemis de la nation. Une telle collusion jette une ombre lourde sur la crédibilité morale de la CENCO et sur son prétendu attachement à l’éthique. Avant de condamner l’État, elle devrait d’abord faire son examen de conscience et purifier sa propre maison.

5. Le droit congolais avant tout La République démocratique du Congo est régie par sa Constitution et ses lois, non par les canons ecclésiastiques. Le rétablissement de la peine capitale dans certaines circonstances prévues par la loi relève de la compétence exclusive du législateur et du gouvernement, conformément à la souveraineté nationale. Nulle organisation, fût-elle religieuse, ne peut prétendre substituer son autorité morale à la légitimité démocratique issue du suffrage du peuple.

6. Un appel au respect du principe de laïcité La RDC est un État laïc. L’Église ne saurait être un État dans l’État ni un tribunal moral chargé de surveiller les institutions républicaines. Les prêtres doivent revenir à leur mission première : prêcher l’Évangile, former les consciences et promouvoir la paix. Les débats sur la peine de mort relèvent du Parlement et du gouvernement, non des chancels et des sacristies. La CENCO ferait mieux de dénoncer les massacres, les viols et les trahisons commis contre le peuple congolais plutôt que de s’en prendre à l’État qui tente de restaurer l’ordre et la justice. La République Démocratique du Congo a besoin de pasteurs spirituels, pas de politiciens en soutane. L’heure n’est plus aux prêches partisans, mais à la défense de la nation et de ses valeurs.

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