Le remaniement gouvernemental annoncé le 6 septembre 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko continue de secouer la scène politique sénégalaise. Les changements opérés, notamment aux ministères de la Justice et de l’Intérieur, confiés à des proches du Pastef, suscitent de vives critiques.
Pour l’opposition, ces nominations ne sont pas de simples ajustements techniques mais une stratégie visant à consolider l’emprise du Pastef sur l’appareil d’État. Le Front pour la Défense de la Démocratie de la République (FDR), qui regroupe plus de 70 partis, y voit une “manœuvre politique” destinée à verrouiller les institutions et à préparer le terrain pour un contrôle total du processus électoral.
Selon ce regroupement, le parti de Sonko détient désormais un levier décisif : la gestion du fichier électoral, la validation des candidatures, l’organisation des scrutins et le traitement des recours judiciaires. Autant d’éléments qui, selon ses détracteurs, menacent l’équilibre démocratique du pays.
En revanche, le Pastef rejette ces accusations. Ses responsables assurent que la nouvelle équipe n’a qu’un seul objectif : appliquer la vision du président Bassirou Diomaye Faye et renforcer la gouvernance. Ayib Daffé, chef du groupe parlementaire Pastef, défend un choix légitime : « Le chef de l’État et le Premier ministre agissent dans leurs prérogatives. Oui, ce gouvernement a une coloration politique, mais c’est l’expression même de la démocratie. »
Face à ces divergences, l’opposition prépare une riposte dans la rue. Le FDR annonce déjà des manifestations pour dénoncer ce qu’il appelle la mise en place d’un “État-Sonko”. Un bras de fer politique s’annonce, révélant un climat de tension croissante entre pouvoir et opposition, avec en toile de fond l’avenir démocratique du Sénégal.
Guelord Lubonzu

