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Sécurité

Shabunda asphyxiée : les prix flambent à cause de la fermeture des aéroports et du conflit AFC-M23

Le territoire de Shabunda, au Sud-Kivu, est au bord de l’asphyxie économique. La combinaison de la guerre menée par l’AFC-M23 dans l’Est de la République Démocratique du Congo et de la fermeture prolongée des aéroports de Kavumu (Bukavu) et de Goma a provoqué une explosion des prix des produits de première nécessité, aggravant la souffrance d’une population déjà enclavée.

Selon Joseph Mpeseni, un habitant de Shabunda interrogé par Top Congo FM, les prix sur le marché local ont atteint des niveaux jamais enregistrés. Un litre de carburant se vend à 12 000 francs congolais, une bouteille de Primus à 20 000 FC, tandis qu’un verre de sel coûte 4 000 FC et une tige de savon atteint 4 500 FC.

« Nous ne savons plus comment vivre. Tout est devenu hors de portée. Même les produits de base comme le sel ou le savon sont devenus un luxe », témoigne un commerçant rencontré au marché central de Shabunda.

Cependant, le territoire dépend en grande partie de l’approvisionnement par voie aérienne, les routes étant dans un état de délabrement avancé et jugées dangereuses en raison de l’insécurité. Avec la fermeture des aéroports de Kavumu et de Goma, aucune cargaison n’arrive plus régulièrement. Les rares produits de première nécessité provenant de Kindu, dans la province du Maniema, restent insuffisants pour répondre aux besoins de la population.

Cette situation a entraîné une spéculation incontrôlée sur les marchés. Les commerçants se plaignent de la rareté du carburant, paralysant générateurs, moulins et transports locaux. Les prix des denrées importées, comme le sucre, la farine et l’huile, connaissent également une hausse vertigineuse.

La recrudescence des affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les miliciens de l’AFC-M23 dans plusieurs zones du Nord et du Sud-Kivu a accentué la paralysie du trafic commercial. De nombreuses routes reliant Bukavu, Goma, Walikale et Shabunda sont devenues impraticables ou dangereuses, empêchant le passage des camions de ravitaillement.

Cette insécurité persistante, perturbe également les activités économiques dans les zones minières, autrefois source de revenus pour plusieurs familles. De nombreux jeunes creuseurs ont abandonné leurs sites à cause des combats ou du manque de matériel.

Face à cette crise, la société civile de Shabunda appelle les autorités provinciales et nationales à agir rapidement pour éviter une catastrophe humanitaire. Elle plaide pour la réouverture sécurisée des aéroports, la sécurisation des voies terrestres et la mise en place de couloirs humanitaires pour permettre l’acheminement de l’aide et des produits de première nécessité.

« La situation devient intenable. Le gouvernement doit intervenir d’urgence pour faciliter l’accès aux biens essentiels et garantir la sécurité des voies de communication », a déclaré un membre de la société civile locale.

Avec la flambée du coût de la vie, plusieurs ménages se retrouvent dans l’incapacité de subvenir à leurs besoins quotidiens. Les observateurs redoutent une montée du mécontentement populaire et des tensions sociales dans cette partie enclavée du Sud-Kivu.

En attendant une réponse concrète du gouvernement, les habitants de Shabunda continuent de compter sur la débrouille et la solidarité communautaire pour survivre à cette crise multiforme, qui conjugue insécurité, isolement et misère.

Isaka Kijana

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