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Cameroun : Huit millions d’électeurs appelés à choisir leur président lors d’un scrutin à un seul tour

Ce dimanche 12 octobre, près de huit millions de Camerounais sont appelés aux urnes pour élire leur président dans le cadre d’un scrutin à tour unique. Les 31 000 bureaux de vote, selon l’organisme électoral Elecam, seront ouverts de 8h à 18h, heure locale.

Le président sortant, Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat à l’âge de 92 ans. Une victoire prolongerait son règne jusqu’à ses 99 ans. Malgré une campagne très discrète, avec un seul meeting organisé à Maroua, dans l’Extrême-Nord, son parti, le RDPC, demeure solidement implanté à travers le pays.

Douze candidats étaient initialement en lice, mais deux se sont retirés. Parmi les principaux challengers figurent d’anciens ministres comme Issa Tchiroma Bakary (FSNC) et Bello Bouba Maïgari (UNDP), ainsi que des figures montantes de l’opposition, telles que Cabral Libii (PCRN) et Joshua Osih (SDF). Patricia Ndam Njoya (UDC) est la seule femme en lice. En revanche, Maurice Kamto, arrivé deuxième en 2018, est absent du scrutin, sa candidature ayant été rejetée.

L’opposition, fragmentée et incapable de s’unir autour d’un candidat unique, risque de diluer ses chances face à un pouvoir solidement enraciné. Le taux de participation pourrait toutefois peser lourd, avec près de deux millions de nouveaux inscrits sur les listes électorales. La capacité des candidats à mobiliser les électeurs, en particulier ceux ayant boycotté le scrutin de 2018, sera décisive.

Ce scrutin intervient dans un contexte socio-économique tendu : pauvreté persistante (plus de 10 millions de Camerounais vivent sous le seuil de pauvreté), insécurité dans l’Extrême-Nord en raison des attaques de Boko Haram, et conflit armé dans les régions anglophones. Malgré ces défis, Elecam affirme être prête à garantir un processus électoral transparent, sécurisé et crédible.

Analyse critique

Cette élection présidentielle met en lumière les limites démocratiques du Cameroun : un chef d’État au pouvoir depuis plus de quatre décennies, une opposition désunie, et une commission électorale dont l’impartialité est souvent mise en doute. L’absence de Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition, réduit considérablement le suspense. Par ailleurs, la forte abstention attendue pourrait favoriser le statu quo. Ce scrutin s’apparente ainsi davantage à un test de légitimité pour Paul Biya qu’à une véritable compétition électorale.

Guelord Lubonzu

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