La dernière apparition officielle de Paul Biya remonte au 7 juin, lorsqu’une photographie diffusée par le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune le montrait aux côtés de son épouse, Chantal Biya, avant leur départ pour ce qui avait été présenté comme un « court séjour privé en Europe ». Depuis cette publication, aucune communication officielle n’est venue préciser son lieu de résidence actuel, ni annoncer une éventuelle date de retour au Cameroun.
Cette absence prolongée suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique. Plusieurs responsables de l’opposition estiment que cette situation soulève de véritables interrogations sur la continuité de l’exercice du pouvoir. Le professeur Aba’a Oyono, connu pour son soutien à Issa Tchiroma lors de la dernière élection présidentielle, évoque notamment une possible « vacance du pouvoir ».Le Social Democratic Front (SDF), dirigé à l’Assemblée nationale par Joshua Osih, considère pour sa part que le pays fonctionne désormais en « pilotage automatique ». De son côté, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) affirme que les affaires de l’État seraient désormais gérées à distance, comparant cette situation à un fonctionnement en « télétravail ».Parallèlement, les réseaux sociaux et certains médias continuent de relayer des rumeurs parfois contradictoires sur l’état de santé du président, allant de problèmes médicaux à des informations non vérifiées évoquant son décès. Jusqu’à présent, aucune de ces affirmations n’a été confirmée par les autorités camerounaises.
Face à cette multiplication des spéculations, le gouvernement reste discret et n’a publié aucun communiqué officiel permettant de clarifier la situation. La seule réaction est venue du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir. Son secrétaire national à la communication a assuré que « le président est au travail » et qu’il n’existe « aucune vacance du pouvoir », sans toutefois préciser le lieu où se trouve actuellement Paul Biya.
En l’absence d’informations officielles, les interrogations demeurent et alimentent un climat d’incertitude, alors que de nombreux Camerounais attendent des autorités une communication plus transparente sur la situation du chef de l’État.

