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Sécurité

RDC : les familles déplacées confrontées à une crise alimentaire et sanitaire alarmante

Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la situation humanitaire des familles déplacées internes devient de plus en plus critique. Des milliers de personnes ayant fui les violences dans plusieurs territoires vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement précaires, privées de nourriture, d’abris décents et d’accès aux soins de santé.

Ces déplacés, installés tantôt dans des sites de fortune, tantôt au sein de familles d’accueil déjà fragilisées, peinent à survivre.
Selon des sources locales, plusieurs cas de douleurs corporelles chez les enfants ont été signalés, ainsi que des décès liés à l’absence de soins médicaux. La plupart de ces familles n’ont plus accès à leurs champs, alors même que la période des semailles pour la saison culturale touche à sa fin.

Cette inaccessibilité menace directement leur survie, car la majorité de la population de ces zones vit de l’agriculture et de l’élevage.  Dans les territoires de Kabare, Kalehe et Walungu, la situation est encore aggravée par la déforestation croissante, qui accentue la perte de moyens de subsistance.

Dans d’autres régions du Sud-Kivu, notamment à Shabunda, Fizi et Mwenga, les difficultés sont amplifiées par le mauvais état des routes, le désengagement progressif de certains partenaires humanitaires et l’insécurité persistante. Ces facteurs combinés freinent l’acheminement de l’aide et isolent davantage les familles sinistrées.

 « Certains partenaires ont tenté d’intervenir, mais les besoins dépassent largement les moyens disponibles. Beaucoup de familles n’ont plus les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école », explique Emery Mourhula, président de la Société civile d’Irambi Katana.
« Imaginez une famille qui héberge trois familles déplacées : avec la conjoncture actuelle, la charge devient insupportable. Les familles d’accueil ont, elles aussi, besoin d’aide », ajoute-t-il.

Face à cette détresse, les organisations de la société civile appellent à une mobilisation urgente des autorités nationales, des partenaires humanitaires et des bailleurs de fonds. Elles plaident pour une approche durable afin que, selon leurs termes, « la guerre des armes ne soit pas suivie d’une guerre de la faim », redoutant une catastrophe humanitaire dans les jours à venir.

Cette alerte intervient alors que le monde célèbre la Journée mondiale de l’alimentation 2025, placée sous le thème : « Main dans la main pour une alimentation et un avenir meilleurs ».
Un appel à la solidarité mondiale qui résonne fortement dans l’est du Congo, où la faim devient désormais une autre arme du conflit.

Isaka Kijana

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