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Sécurité

Beni : La société civile alerte sur la progression des rebelles ADF

Selon la société civile locale, au moins 150 personnes ont été tuées en une semaine dans les villages de cette zone minière, dernier refuge pour ceux qui fuyaient les violences de ce groupe armé. Le gouvernement congolais, pour sa part, a reconnu 41 morts. C’est l’une des attaques les plus meurtrières des rebelles ADF, qui devrait également avoir des conséquences économiques dans la région.

La société civile de Beni s’inquiète de la progression des rebelles ADF qui élargissent leur zone d’action. La grande crainte est que la rébellion contrôle désormais des sites miniers dans une région jadis dominée par des miliciens Maï-Maï, où l’État est presque inexistant.

« Notre crainte est que la présence des sites miniers dans ce groupement puisse attirer ces rebelles, qui cherchent des moyens de subsistance. Ce qui nous inquiète surtout, c’est l’absence de l’autorité de l’État dans une grande partie de ce groupement. Autrefois, des Maï-Maï occupaient certains coins, mais il n’y a ni ANR (services de renseignements), ni police, ni FARDC (armée congolaise) dans plusieurs villages. Et lorsque l’ADF pénètre ces zones, c’est une grande source de préoccupation », précise Richard Kirimba, leader de la société civile dans la région.

Dorika Kahambu s’était déjà bien implantée au village de Kantine, situé dans cette zone minière. Elle y cultivait des haricots, des arachides, du maïs et du riz. Fin juin, elle devait commencer à récolter ses produits pour ensuite les revendre en ville. Mais elle a dû tout abandonner à cause de l’avancée des rebelles.

« Ils ont brûlé nos maisons et tout a été calciné. Ceux qui revenaient des champs le jour de l’attaque sont tombés dans des embuscades. Beaucoup de gens sont morts, et il n’y a plus personne au village », rappelle Dorika.

« La nourriture était prête à être récoltée, mais elle va pourrir dans les champs. Ils sont vraiment venus au mauvais moment. Il y avait une bonne ambiance au village et de nombreuses familles s’y étaient déjà installées », ajoute-t-elle.

Ces nouveaux villages attaqués par les rebelles ravitaillaient en produits vivriers les villes de Beni, Butembo et Oicha, dans la province du Nord-Kivu.

L’impact sur l’économie

L’économiste Nestor Mukotsi redoute désormais une pénurie alimentaire dans les centres urbains. « Kantine constituait déjà le grenier d’Oicha, Butembo, Beni, même Bunia. C’était l’unique endroit relativement calme. Avec Kantine touchée, il y aura une carence de produits sur le marché et, en raison de la rareté, une hausse des prix », explique-t-il.

Le 11 juin dernier, dans un communiqué, le chef du groupement de Bapere, voisin de celui occupé depuis une semaine par les rebelles de l’ADF, a alerté sur l’entrée de ces rebelles dans son territoire, près de Mangurejipa, une autre zone minière en territoire de Lubero.

Le territoire fait également face à la menace de la rébellion du M23, qui tente d’entrer depuis quelques jours dans ce territoire par Kanyabayonga.

DW via Réveil Congo

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