Une nouvelle scène de violence s’est produite dans la nuit du mardi 7 octobre 2025 à Kitutu, en chefferie des Wamuzimu, territoire de Mwenga (Sud-Kivu). Deux motards ont été violemment passés à tabac et dépouillés de leurs motos par des éléments Wazalendo du groupe Malaika. Selon plusieurs témoins, au moins une dizaine d’autres engins auraient également été arrachés par ces mêmes miliciens.
Parmi les motards grièvement blessés figurent Ngima Kimangimba Cheval et Kayembe, tous deux habitants de Kitutu-centre. Des sources locales rapportent que les assaillants ont d’abord tiré plusieurs coups de feu en l’air pour semer la panique avant de s’emparer des motos des victimes.
L’information a été confirmée par Mazambi Mathieu, membre d’un mouvement citoyen basé à Kitutu. Selon lui, les victimes auraient refusé de remettre leurs motos aux assaillants, ce qui aurait déclenché leur passage à tabac.
« Ces combattants Wazalendo avaient été accueillis avec espoir. La population pensait qu’ils étaient venus pour la protéger. Mais aujourd’hui, la réalité sur le terrain est tout autre. Le gouvernement congolais doit se pencher sérieusement sur cette situation », a-t-il déclaré.
Les motards victimes, encore sous le choc, lancent un appel pressant aux autorités locales et provinciales afin d’obtenir de l’aide pour retrouver leurs motos, principal moyen de subsistance.
Le groupe Wazalendo du mouvement Malaika, actif dans la région de Mwenga et particulièrement à Nyakiliba, est souvent pointé du doigt pour des actes de tracasseries, d’extorsion, de pillage et de violences contre les civils. Ces pratiques accentuent le climat de peur et d’insécurité dans plusieurs villages du territoire.
Pour rappel, ces combattants avaient été intégrés pour appuyer les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) sur les lignes de front, notamment dans la lutte contre le mouvement AFC-M23. Cependant, plusieurs habitants dénoncent aujourd’hui des dérives qui s’éloignent de leur mission initiale de défense du territoire national.
Par ailleurs, la population de Kitutu appelle les autorités militaires et provinciales à agir d’urgence pour rétablir la sécurité, sanctionner les auteurs de ces abus et restaurer la confiance entre les forces locales et les civils.
Isaka Kijana

